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AFRETAIL 2026 -Izar Hyacinthe (Concretiz): Pourquoi la Côte d’Ivoire s’impose comme la locomotive incontournable du retail francophone.

AFRETAIL 2026 -Izar Hyacinthe (Concretiz)

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AFRETAIL 2026 Forum du Retail et de la Franchise en Afrique 30 juin 2026 | Espace Saint-Martin, Paris Interview Exclusive À l’occasion de la 3ᵉ édition d’AFRETAIL, qui se tiendra

AFRETAIL 2026

Forum du Retail et de la Franchise en Afrique

30 juin 2026 | Espace Saint-Martin, Paris

Interview Exclusive

À l’occasion de la 3ᵉ édition d’AFRETAIL, qui se tiendra le 30 juin 2026 à l’Espace Saint-Martin à Paris, Africa Franchise Forum Magazine a recueilli la parole d’Izar Hyacinthe. Diplômée de Sciences Po Paris, ancienne cadre de Canal+, Yves Rocher et L’Oréal sur les marchés africains, elle est aujourd’hui fondatrice et CEO du cabinet Concretiz, basé au Bénin.

Co-organisatrice d’AFRETAIL avec Cécile Walter (Eurelia / Procos), Izar Hyacinthe revient sur son parcours atypique, le bilan de trois éditions du forum, les clés de voûte d’une franchise réussie en Afrique, et le choix stratégique de la Côte d’Ivoire comme pays à l’honneur de cette édition 2026.

Entre « excellence à la française » et « génie à l’africaine », plongée dans les coulisses de l’événement de référence pour le retail et la franchise sur le continent.

Interview réalisée dans le cadre du partenariat médias AFRETAIL 2026 × Africa Franchise Forum Magazine

FICHE INTERVENANTE

Intervenante : Izar Hyacinthe

Fonction : Fondatrice & CEO

Structure : Concretiz (Bénin)

Rôle à AFRETAIL : Co-organisatrice & Porte-parole

Pays à l’Honneur : Côte d’Ivoire

Expertise : Retail, Franchise, Internationalisation

I. Un parcours entre trois maisons, une conviction africaine

Vous avez construit votre carrière chez Canal+, Yves Rocher et L’Oréal, toujours sur le business Afrique. Qu’est-ce que ce triple passage vous a appris de fondamentalement différent sur la manière d’aborder les marchés africains ?

Travailler dans trois grands groupes ayant des ambitions africaines m’a fait comprendre que l’Afrique est un écosystème complètement différent de ce qu’on connaît chez les leaders de leur secteur en France.

Il faut y aller avec beaucoup d’humilité, beaucoup de patience et beaucoup de résilience : je pense que ce sont les mots-clés pour réussir sur ce marché. Il y a un génie africain certain, fait de façons de travailler et d’écosystèmes différents, et c’est l’humilité et la patience qui permettent d’arriver à de grandes choses.

Canal+ en est un bel exemple : c’est aujourd’hui vraiment le leader de son marché. Chez Yves Rocher, une fois qu’on a compris que les franchisés étaient des hommes et des femmes d’affaires souverains, qui connaissent mieux leur business que la maison mère, et que nous pouvions apporter le savoir-faire d’un retailer leader de son domaine en France, la magie s’est opérée.

Avoir été ce pont pendant quinze ans m’a appris qu’il y a une excellence certes à la française, mais aussi un génie à l’africaine. Conjuguer les deux, cela donne de très belles success stories en business.

Vous avez quitté un poste de direction chez L’Oréal pour créer Concretiz. Qu’est-ce qui vous manquait dans le monde corporate pour exécuter votre vision africaine ?

J’avais une perte de sens à travailler depuis quinze ans sur les marchés africains sans y vivre, même si j’y allais très régulièrement. J’avais besoin de me confronter aux réalités locales — juridiques, réglementaires, culturelles, humaines — et d’être plus concrète dans mon approche. J’ai choisi d’aller au Bénin et d’ouvrir Concretiz.

Cela m’a aussi permis de me confronter à plusieurs secteurs : dans des maisons comme L’Oréal, Yves Rocher ou Canal+, on est exclusif sur un seul domaine, alors que j’avais envie de parler culture, retail, industrie.

Concretiz m’a donné cette ouverture plus large et m’a permis de m’installer en Afrique, ce que j’ai toujours voulu dans ma carrière sans avoir l’opportunité corporate de le faire.

Aujourd’hui je suis au Bénin, à deux heures de voiture de Lagos, à une heure d’avion d’Abidjan : j’ai vraiment l’impression d’être là où ça se passe, réalignée entre ma vision de vie personnelle et ma vision de vie professionnelle.

AFRETAIL est né d’un constat simple : deux mondes qui ne se rencontrent pas — les enseignes internationales et les distributeurs africains. Trois éditions plus tard, ce constat a-t-il changé ?

AFRETAIL est né d’un constat douloureux que j’ai moi-même expérimenté, puisque j’étais à la place de ces enseignes internationales qui cherchaient à entrer en Afrique avec le bon partenaire. Il n’y avait pas d’espace de rencontre dédié : des salons sectoriels existent mais ne sont pas spécial Afrique, des salons Afrique existent mais ne sont pas sectorisés et pas assez orientés vers des opportunités concrètes d’affaires. C’est de ce manque qu’AFRETAIL est né.

Aujourd’hui, nous avons été précurseurs et leaders sur un vrai marché : les initiatives de mise en relation entre retailers et franchisés se multiplient, à l’échelle locale comme régionale.

AFRETAIL n’est donc plus le seul espace, mais il reste l’espace de référence et l’espace pionnier — et nous innovons encore, en nous mettant désormais aussi au service des entreprises et champions africains pour mieux aborder leur internationalisation.

Sciences Po Paris, puis une carrière Afrique : ces deux mondes sont-ils réconciliables ?

Ce sont des mondes complètement réconciliables. Ce sont d’ailleurs mes études à Sciences Po qui m’ont inspiré cette carrière. J’ai fait un master marketing, études de marché luxe et pays émergents, dont le syllabus abordait chaque semaine une région du monde — la Russie, le Japon, la Chine, l’Inde — mais jamais l’Afrique.

C’est ce manque de perspectives qui m’a poussée à proposer à mon professeur d’y ajouter l’Afrique, en changeant le sujet de mon exposé. Il a été intrigué : cela faisait deux ou trois ans qu’il travaillait avec le même syllabus et personne ne le lui avait proposé.

Mon exposé a mis en exergue que l’Afrique pouvait être un marché intéressant pour le luxe, et c’est ce manque de sujets sur l’Afrique qui m’a passionnée, en 2013 : le stage qui a suivi, puis le VIE chez Canal+ au Togo.

Je sais que Sciences Po propose aujourd’hui à Reims un campus Afrique, et que de nombreux décideurs africains font le MBA Sciences Po. Ce sont des mondes qui se rencontrent aujourd’hui, et où les synergies sont grandes.

II. AFRETAIL — Bilan et choix de la Côte d’Ivoire

AFRETAIL revendique une montée en puissance rapide. Mais la qualité des connexions BtoB générées est-elle à la hauteur de la quantité ? Comment mesurez-vous votre impact réel ?

Il y a un vrai intérêt pour l’Afrique de la part des enseignes internationales, et un vrai intérêt des opérateurs économiques africains à capter des opportunités de distribution. Nous sommes contents qu’AFRETAIL soit la plateforme pionnière en ce sens.

Mais le temps de la franchise est long : le cycle de vente entre un premier contact et une vraie signature de contrat — et plus encore une ouverture — se compte de deux à trois ans.

Nous restons donc patients, en sachant qu’il y a eu de très belles connexions, dont certaines sous accord de confidentialité, et d’autres qui ont mis sept ans à se concrétiser.

Sur l’édition 2025, 152 rendez-vous BtoB ont été réalisés, contre une centaine sur la première édition, où nous n’avions pas encore de plateforme de rendez-vous dédiée.

Du côté des enseignes, ce sont les directeurs internationaux qui ont l’Afrique dans leur scope ; du côté africain, des opérateurs qualifiés viennent à leur rencontre.

Le projet a à peine deux ans : nous voulons aller plus loin avec une plateforme digitale et un volet média, tout en restant la référence que nous avons l’ambition de demeurer.

Cette 3ᵉ édition innove avec un pays à l’honneur : la Côte d’Ivoire. Pourquoi la Côte d’Ivoire, et pourquoi maintenant ?

La Côte d’Ivoire, c’est la locomotive de l’UEMOA, la première économie francophone subsaharienne du continent, avec un rayonnement culturel fort et un rayonnement sportif notable : c’est vraiment la locomotive de l’Afrique de l’Ouest. Il y a aussi de belles pépites, comme le Bénin, qui se distinguent par leur dynamisme et leur engouement touristique, mais la Côte d’Ivoire reste la référence.

C’est plus de 6 % de croissance économique, une urbanisation rapide, un développement infrastructurel visible — à chaque déplacement, il y a un nouveau pont — porté par une classe moyenne en plein essor et une démographie intéressante.

C’est aussi le paysage retail le plus mûr de la région francophone, avec de gros acteurs historiques et des enseignes internationales qui réussissent. Pour nous, mettre la Côte d’Ivoire à l’honneur était donc un choix évident, motivé aussi par la volonté de valoriser les PME ivoiriennes et de leur faire découvrir le paysage français.

C’est pourquoi cette édition consacre une journée 2, plus intime et plus sectorisée, à une délégation de PME ivoiriennes que nous accompagnons à mieux comprendre le marché commercial français — AFRETAIL, c’est aussi cela : accompagner les entreprises africaines à mieux pénétrer le marché français.

III. Stratégie, terrain et enseignements

Vous avez vu des enseignes réussir en Afrique et d’autres échouer. Si vous deviez dégager la variable la plus prédictive du succès, laquelle serait-elle ?

La franchise doit être un contrat équilibré. Une enseigne exporte son savoir-faire, son expertise, sa notoriété sur un continent qu’elle ne connaît pas, et elle doit laisser le partenaire local être le lead du pays qu’il connaît, dont il maîtrise les enjeux, la concurrence, la loi et la réglementation.

Une enseigne qui réussit, c’est d’abord une enseigne qui répond à un besoin réel, et non une enseigne qui cherche simplement des points de vente. Elle accompagne ensuite son partenaire dans un véritable transfert de compétences, tout en lui laissant la souveraineté d’opérer localement.

C’est aussi un contrat mutuellement bénéfique : il ne s’agit pas d’asphyxier le partenaire local en lui faisant porter tout l’investissement, mais de s’assurer qu’il s’y retrouve économiquement et financièrement. Les enseignes qui réussissent sont celles qui partagent un minimum le risque et opèrent un transfert de compétences clair — d’où, d’ailleurs, notre table ronde sur le capital humain à AFRETAIL, car rien ne peut se faire sans les ressources humaines.

Je résume en trois points : un vrai transfert de compétences, la formation au cœur de la stratégie, et des contrats mutuellement bénéfiques qui empowerent l’agent économique local, tout en lui offrant l’exploitation d’une marque connue et experte dans son domaine.

L’immobilier commercial est cité par presque tous les acteurs comme le verrou principal. Comment voyez-vous ce marché évoluer ?

L’emplacement est clé en Afrique. Le continent s’urbanise tous les jours, mais nous n’avons pas encore des millions de centres commerciaux ni des millions d’options.

De belles foncières commencent néanmoins à proposer des projets qualitatifs, parfois éloignés du modèle international des grands malls : un retail park intéressant ici, une implantation dans les marchés informels là, mais avec des standards d’accueil internationaux.

Des marques comme Woodin ou Blisco le font très bien, en conjuguant boutiques retail classiques et présence sur les marchés informels — qu’il ne faut jamais oublier, puisqu’ils représentent 80 % des échanges commerciaux en Afrique.

L’immobilier commercial est la clé de voûte du développement du retail : sans emplacement, pas de commerce moderne. Et chaque année, de belles foncières sont présentes à AFRETAIL pour proposer leurs projets aux masters franchisés.

Le financement local des franchisés est une autre friction centrale. L’écosystème financier africain commence-t-il à s’adapter ?

Le financement est un enjeu clé du développement de ces franchises. Le système bancaire n’est pas le plus dynamique ni le plus performant, mais on voit les banques s’intéresser de plus près au sujet. Nous avons récemment organisé un cocktail de présentation à Yaoundé, avec la présence de BNG Bank, qui a reconfirmé sa volonté d’accompagner les franchisés souhaitant investir et importer des marques internationales au Cameroun.

La modernisation du retail, c’est aussi une consommation sécurisée et aux standards internationaux, des recettes fiscales supplémentaires — qui dit formalisation dit impôts — et une amélioration des conditions de vie : c’est toute une boucle vertueuse. Les bailleurs de fonds auraient intérêt à s’intéresser davantage au retail lui-même, et pas seulement à l’immobilier commercial, car derrière, c’est du commerce formalisé.

Le financement des franchisés, mais aussi celui de l’écosystème global, reste un enjeu difficile : nous nous battons pour porter ce message à tous les acteurs concernés. AFRETAIL a deux ans ; je suis certaine qu’avec le temps, ce sujet sera pris de manière plus directe, car le commerce de détail est un sujet de tous les jours. Aujourd’hui informel en Afrique, il intéresse peut-être encore moins ces acteurs, mais il va se moderniser : mieux vaut se positionner dès maintenant et construire ensemble le retail africain de demain.

AFRETAIL 2026

30 juin 2026 | Espace Saint-Martin, Paris

Le forum du retail et de la franchise dédié à l’Afrique
Avec la Côte d’Ivoire comme Pays à l’Honneur

Interview réalisée par Africa Franchise Forum Magazine

Publié par Les Editions PRESCICOM SARL

www.afranchiseforum-mag.com

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Bernard ZOBOconsultant en franchise

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