Contenu partenaire

L’Afrique lance son association continentale de franchise : la naissance de l’AFA

Africa Launches Its Continental Franchise Association — The Birth of AFA

Partager sur:

FOCUS SUR — LA FRANCHISE ET L’INTÉGRATION CONTINENTALE L’Afrique lance son association continentale de franchise Naissance de l’Association africaine de la franchise (AFA) : un secteur longtemps fragmenté s’organise enfin

FOCUS SUR — LA FRANCHISE ET L’INTÉGRATION CONTINENTALE

L’Afrique lance son association continentale de franchise

Naissance de l’Association africaine de la franchise (AFA) : un secteur longtemps fragmenté s’organise enfin à l’échelle continentale.

Il s’agit d’une étape importante que de nombreux acteurs du secteur de la distribution en Afrique attendaient depuis longtemps. Le continent a officiellement créé une organisation unificatrice dédiée à la franchise : l’Association africaine de la franchise (AFA). Animée par des professionnels convaincus que la franchise peut devenir un moteur d’intégration économique pour l’Afrique, l’association vise à fédérer les initiatives nationales, encore trop fragmentées, et à donner une voix commune au secteur pour relever les défis du commerce intra-continental.

Un secteur à fort potentiel, mais encore fragmenté.

Pendant des décennies, la franchise en Afrique a été perçue comme un modèle importé, réservé aux grandes chaînes internationales implantées dans les grandes villes. Des marchés comme l’Afrique du Sud, pionnière depuis la fin des années 1970 avec la création de la South African Franchise Association, ont ouvert la voie.

Mais ailleurs sur le continent, de nombreux concepts locaux prometteurs — dans l’agroalimentaire, la santé, le commerce de détail ou l’éducation — ont eu du mal à s’étendre au-delà de leurs sites initiaux, freinés par l’absence d’un cadre juridique harmonisé, un accès limité au financement à long terme et d’importantes contraintes réglementaires pour toute expansion transfrontalière.

C’est précisément cette lacune institutionnelle que l’AFA entend combler. Avec l’entrée en vigueur de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), le continent dispose désormais de la plus grande zone de libre-échange au monde.

Comme l’ont résumé plusieurs intervenants lors du lancement de l’association, une zone de libre-échange sans normes de distribution solides reste un moteur sans carburant : la franchise est précisément ce carburant, capable de transformer des concepts locaux à succès en marques panafricaines.

Une ambition : construire « le modèle africain »

L’AFA ne se présente pas comme une simple réplique des modèles occidentaux ou asiatiques. Ses fondateurs affirment construire un modèle endogène, résilient et intégré, profondément ancré dans les réalités socio-économiques africaines. Son ambition déclarée est triple : harmoniser les cadres juridiques et les normes de gouvernance afin de protéger à la fois les franchiseurs et les franchisés ; renforcer les capacités des entrepreneurs grâce à la formation et à la documentation opérationnelle nécessaires à la transformation d’une entreprise locale en un réseau reproductible ; et plaider, auprès des gouvernements, des institutions de financement du développement et des instances de la ZLECAf, pour que la franchise devienne un véritable moteur du commerce intra-africain.

Les enjeux dépassent le seul monde des affaires. Pour ses promoteurs, la franchise est un puissant outil de démocratisation de l’entrepreneuriat : elle peut offrir aux jeunes et aux femmes des modèles d’entreprise clés en main, contribuer à la formalisation du secteur informel, réduire le taux d’échec des PME en remplaçant les projets non éprouvés par des modèles qui ont fait leurs preuves, et transformer les demandeurs d’emploi en créateurs d’emplois – notamment dans des secteurs essentiels comme les énergies propres, l’eau ou la formation professionnelle.

Le message adressé aux différentes parties prenantes est clair : aux autorités publiques, l’AFA appelle à l’adoption de réglementations favorables et de cadres transfrontaliers pour la protection de la propriété intellectuelle ; aux institutions financières, au développement d’instruments de financement adaptés à des systèmes d’entreprise structurés et donc moins risqués ; et aux entrepreneurs africains, une invitation à élargir leur vision, en passant de l’ouverture de points de vente isolés à la construction de marques véritablement franchisables, capables de s’étendre du Sénégal à toute l’Afrique de l’Est.

Une première assemblée générale, à portée résolument continentale.

C’est dans ce contexte que l’AFA a tenu sa réunion inaugurale le jeudi 14 août 2026, entièrement en ligne. L’annonce de l’événement a suscité un vif enthousiasme au sein de l’écosystème : des participants de plus d’une douzaine de pays africains ont officiellement confirmé leur présence à cette Assemblée générale – un signal fort pour une association encore à ses débuts.

L’inscription préalable avait été présentée comme une étape essentielle, la seule condition d’accès à l’assemblée, à la feuille de route opérationnelle et aux sessions de réseautage stratégique proposées à cette occasion.

À bien des égards, cette réunion a marqué la naissance officielle de l’association : la première fois que ses membres, partenaires et de nombreux observateurs se réunissaient autour d’un programme commun, faisant de la franchise un moteur reconnu de l’intégration économique africaine.

Principaux points à retenir de la réunion inaugurale

Au-delà des discours officiels, c’est avant tout la diversité et la chaleur des échanges qui ont marqué cette première réunion. Pendant plus de deux heures, la réunion virtuelle a rassemblé des voix de tout le continent et d’ailleurs : représentants d’associations nationales de franchise, avocats, partenaires technologiques, investisseurs et représentants institutionnels ont tous pris la parole pour saluer le lancement de l’association.

Freddy Makgato, président de l’Association africaine de la franchise (AFA) et figure de proue de l’Association sud-africaine de la franchise (FASA) — la plus ancienne organisation sectorielle du continent, fondée en 1979 — a situé le lancement de l’AFA dans le contexte de la ZLECAf, décrivant l’Afrique comme le nouveau moteur de la croissance mondiale de la franchise et appelant à la construction d’un modèle continental partagé plutôt qu’à l’importation de cadres externes.

À ses côtés, Georges Sibouke Dieme, président de l’Association sénégalaise de la franchise (ASF) et vice-président de l’AFA, a annoncé que 2026 serait « l’année de la structuration », présentant un programme chargé : la publication de cadres de référence communs, des masterclasses régionales, l’alignement des normes africaines sur les pratiques internationales, suivis d’étapes majeures lors du Libya Franchise Expo en septembre et du Franchise Expo Dakar en novembre 2026, où seront décernés les African Franchise & Commerce Associé Awards.

L’intervention de Funmilola Adedeji-Bajulaiye, Directrice générale du Secrétariat de l’AFA, a permis de présenter le cadre opérationnel de l’association et sa feuille de route pour la période 2026-2027. Après avoir accueilli le Président Freddy Makgato, le Vice-Président Georges Sibouke Dieme, le Directeur général adjoint Bernard Naki Zobo, le Trésorier Ahmed Elsaadany, le Conseil exécutif et les invités de marque, dont Mazi Sam Ohuabunwa, elle a décrit la franchise comme l’un des catalyseurs les plus efficaces et éprouvés pour un entrepreneuriat structuré, un commerce transfrontalier à risques maîtrisés et une création rapide d’emplois sur le continent. Elle a exposé trois axes d’action pour le Secrétariat : l’harmonisation institutionnelle et l’intégration des politiques, notamment la protection des droits de propriété intellectuelle et l’alignement avec des organismes tels que la World Franchise Association ; le renforcement des capacités pour doter les marques locales des systèmes et de la documentation nécessaires à leur développement au sein des réseaux intra-africains ; et l’accès stratégique aux marchés par le biais de corridors commerciaux et de partenariats institutionnels structurés.

Elle a également dévoilé le calendrier de mise en œuvre de l’AFA jusqu’en 2027. Parmi les temps forts de cette année figurent le Libya Franchise Show en septembre, une initiative panafricaine de renforcement des capacités et de revitalisation des associations de franchise le 5 octobre, et les Dakar Franchise Excellence Awards en novembre, organisés conjointement avec le Franchise Expo Dakar.

Une nouvelle série d’événements est prévue pour 2027, comprenant un événement de lancement de l’AFA en Afrique du Sud en février, une session de renforcement des capacités et de normalisation des marques au Sénégal et au Maroc en juillet, une conférence sur la relance des associations et des missions commerciales au Caire en août, et un guide pour les institutions de financement du développement et les investisseurs au Nigéria en novembre.

Pour financer ce programme, elle a annoncé une campagne de mobilisation de capitaux en deux phases, menée par le trésorier Ahmed Elsaadany, visant à mettre en relation les marques de franchise africaines avec les banques commerciales, les institutions de financement du développement et les investisseurs à impact.

Le directeur général adjoint Bernard Naki Zobo a également pris la parole devant l’assemblée, présentant les éléments clés de la feuille de route d’alignement régional et stratégique de l’AFA, élaborée conjointement avec le vice-président Georges Sibouke Dieme.

Son discours a exposé quatre engagements stratégiques : une stratégie de relations publiques continentale visant à renforcer la légitimité de la franchise africaine ; un engagement plus étroit avec les organismes régionaux existants, notamment le Secrétariat de la ZLECAf, la Chambre panafricaine de commerce et d’industrie et les communautés économiques régionales telles que la CEDEAO, la CAE, la SADC et le COMESA ; un engagement à assurer à l’Afrique une place au sein des organismes internationaux de normalisation, en particulier le Conseil mondial de la franchise et l’Association internationale de la franchise ; et la revitalisation des associations nationales de franchise inactives grâce à un mécanisme structuré de « progression par étapes », soutenant les marques pionnières dans l’obtention du statut d’association nationale à part entière.

La dimension continentale a été soulignée jusque dans l’Afrique du Sud. Ayabulela Njingolo, président de la Franchise Association of South Africa (FASA), a adressé un message de soutien, inscrivant le lancement de l’AFA dans la trajectoire économique africaine. Il a notamment évoqué le potentiel de la classe de consommateurs du continent, qui devrait atteindre 1,1 milliard de personnes d’ici 2030, un marché que la franchise est particulièrement bien placée pour servir. S’appuyant sur l’expérience sud-africaine, où la franchise contribue déjà à près de 15 % du PIB, il a décrit ce modèle comme un moteur éprouvé de création d’emplois, de développement des compétences et de formalisation des économies africaines. Il a toutefois précisé que pour exploiter pleinement le potentiel de la ZLECAf, il sera nécessaire d’harmoniser la réglementation, de renforcer les infrastructures et d’améliorer l’accès au financement. Au-delà du capital, a-t-il insisté, la croissance durable repose sur des valeurs partagées, résumées par son appel à « recruter les valeurs, puis former les compétences ». Il a assuré l’AFA du soutien indéfectible de son lancement, qu’il considère comme un point de départ plutôt qu’un aboutissement, pour l’histoire de la franchise sur le continent.

Les cabinets d’avocats partenaires, actifs au sein de l’écosystème depuis plusieurs années, ont réaffirmé leur engagement à soutenir la structure juridique de l’association et à mettre en réseau des avocats de plusieurs pays francophones et anglophones. Sur le plan technologique, Aravo Technologies, présenté comme partenaire technique de l’association, a détaillé son ambition de devenir le portail numérique unique des membres de l’AFA, grâce à des outils d’intelligence artificielle, d’analyse de données et de gestion opérationnelle conçus pour accompagner l’ensemble du cycle de vie d’une franchise, de l’acquisition de nouveaux clients à sa croissance.

La dimension institutionnelle et gouvernementale était également bien représentée, avec la présence notable d’un représentant du ministère sénégalais de l’Industrie et du Commerce, venu saluer le développement du secteur de la franchise dans le pays et le partenariat privilégié établi avec l’Association sénégalaise de la franchise.

Plusieurs intervenants étrangers ont également pris la parole : un consultant britannique en franchise, fort de trente-cinq ans d’expérience en Europe, au Moyen-Orient et en Asie, a salué le secteur africain et souligné que la franchise, lorsqu’elle est correctement appliquée, demeure un modèle simple et efficace ; un avocat angolais basé en France a évoqué l’importance, pour les pays lusophones du continent, de pouvoir compter sur un réseau panafricain capable de surmonter les barrières linguistiques ; et un intervenant des Caraïbes s’est félicité de l’ouverture croissante de l’Afrique envers sa diaspora et des opportunités de collaboration qui en découlent.

Au total, plus d’une douzaine de nationalités étaient représentées par leurs organisations respectives — associations nationales, cabinets d’avocats, ministères et partenaires technologiques — réparties entre l’Afrique du Sud, le Sénégal, l’Angola, le Nigéria, l’Égypte, le Niger, la République démocratique du Congo, la Côte d’Ivoire, la Tanzanie et les Caraïbes, confirmant d’emblée la vocation résolument continentale et diasporique de l’AFA.

Malgré quelques problèmes de connexion — ce qui n’est pas surprenant pour un format virtuel réunissant autant de pays —, les organisateurs ont décrit l’atmosphère générale comme un signe encourageant de l’enthousiasme suscité par le projet.

La réunion s’est conclue par un appel à rejoindre le mouvement via le site web officiel et les canaux de communication de l’association, ainsi que par la promesse de nouvelles mesures pour façonner cette dynamique émergente.

L’AFA entend poursuivre son processus de structuration. Ses instances dirigeantes et son programme d’activités pour les prochains mois seront présentés dans nos prochaines éditions.

African Franchise Association (AFA)

Site web : www.africanfranchiseassociation.org

Email : secretariat@africanfranchiseassociation.org

LinkedIn & Facebook : African Franchise Association

Revue du Forum africain de la franchise

Cet article est réservé aux abonnés. Déjà abonné ? Connectez-vous

Une couverture unique du monde de la franchise.

Articles illimités, Magazine en avant-première, Newsletters exclusives à partir de 3000 Fcfa le mois.

Abonnez-vous à notre Newsletter
À LA UNEBernard ZOBOconsultant en franchise

Menu