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La franchise, l’autre versant du développement de l’Afrique.

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L’Afrique, continent en pleine mutation économique, voit émerger un puissant levier de croissance : la franchise. Longtemps perçue comme un modèle réservé aux économies matures, elle s’impose aujourd’hui comme une

L’Afrique, continent en pleine mutation économique, voit émerger un puissant levier de croissance : la franchise. Longtemps perçue comme un modèle réservé aux économies matures, elle s’impose aujourd’hui comme une solution adaptée aux réalités africaines, alliant entrepreneuriat structuré et développement inclusif.

Comment cela est-il possible, les lignes qui suivent tenteront d’en apporter une réponse, cependant non exhaustive, à ce potentiel inestimable que constitue l’industrie de la franchise au service du développement de l’Afrique.

  1. La notion de franchise

La franchise est une branche majeure du commerce indépendant Organisé. Le terme originel est celui du franchising que nous allons utiliser ici, car le seul prisme juridique qui se reflète dans bon nombre de définitions ayant une commune renommée, « exonère la franchise des analyses marketing, financières, économiques et managériales qui sont pourtant les seules qui permettent d’assurer une utilisation appropriée du « Franchising » pour déployer un concept », dixit Thierry Borde, co-fondateur de l’Institut National Supérieur du Franchising, praticien de franchising.

Dès lors, le franchising s’impose comme est un outil de levier financier utilisé pour financer le déploiement d’un réseau :

En effet, les franchisés financent les points de vente, ainsi que les services du franchiseur grâce aux redevances qu’ils lui versent.

Et cela afin de reproduire certains concepts: en effet, les concepts reproductibles grâce au franchising nécessitent certains atouts et certains critères de bon sens qui justifient notamment les redevances demandées aux franchisés.

Le franchising est donc un outil de levier financier utilisé pour financer le déploiement d’un réseau, afin de reproduire certain concept dans tout secteur d’activité et dont l’ambition partagée et les engagements respectifs du franchiseur, du franchisé et du réseau pour y parvenir sont définis dans un manuel opératoire, un manuel d’organisation et un contrat commercial.

Il s’agit là, de la toute première condition du leadership durable de l’enseigne et de la réussite pérenne d’un partenariat évoluant dans la nécessaire solidarité assumée.

En effet, il n’y a pas de réseau pérenne sans solidarité assumée, insufflée et entretenue par le franchiseur auprès de ses franchisés c’est assurément la première raison pour réussir en franchise.

En effet, selon la maxime de Charles Géraud Seroude, membre d’honneur associé, co-fondateur de l’Institut National Supérieur du Franchising, Pionnier de la franchise en Europe, ayant introduit ce modèle en 1971 après un Master en management à la Graduate Business School de Stanford, Conseiller de plus de 250 franchiseurs majeurs tels que Carrefour®, Yoplait®, Accor®, et Royal Canin®, tant en France qu’à l’international, Co-fondateur des Fédérations Française et Européenne de la Franchise, artisan du développement de la franchise en Europe et à l’international, Co-rédacteur du code de déontologie Européen de la Franchise et Chevalier de la Légion d’honneur pour ses services de Conseiller du commerce extérieur de la France : « Ce qui est bon pour le franchiseur doit être aussi bon si ce n’est meilleur pour le franchisé, le réseau qui les unit et  réciproquement ».

L’enjeu majeur de cette acception réside dans la pérennité, la résilience et le succès de plusieurs entreprises mondiales qui ont adoptées le franchising pour leurs déploiements dans le monde entier.

L’analyse de l’histoire de la franchise peut nous édifier à ce sujet.

  1. L’histoire de la franchise

Selon une publication tirée du magazine « L’Express Franchise & commerce associé », le terme de franchise apparaît au Moyen-Âge, il n’avait pas du tout le même sens que celui qu’on lui connaît aujourd’hui. Il s’agissait à l’époque d’une exonération octroyée par le Seigneur des interdictions et taxes commerciales et artisanales appliquées à une ville. Le concept de franchise en tant que commerce organisé n’apparaît lui que dans les années 1930. On vous raconte la petite histoire de la franchise : une grande invention qui a vu le jour des deux côtés de l’Atlantique.

C’est l’inventeur new-yorkais Isaac Merrit Singer, qui est à l’origine du premier système de commerce organisé, celui qui se rapproche le plus du modèle de la franchise. En 1851, l’inventeur se lance dans la réparation d’une machine à coudre et en profite pour y apporter quelques améliorations ergonomiques. Des améliorations pour lesquelles il dépose des brevets. Cette machine à coudre plus performante devient la fameuse machine Singer qu’Isaac Merrit Singer décide de commercialiser avec l’aide d’Edward Clark. Mais commercialiser cette machine, n’est pas si simple. En effet, il est nécessaire de former les clients à son utilisation. Cela n’inquiète pas Edward Clark qui imagine un système pour délivrer cette formation. L’entreprise Singer distribuera donc des machines à plusieurs commerçants indépendants, installés aux quatre coins du pays et les formera à son utilisation. Un savoir-faire qui pourra ensuite être transmis au client final par les commerçants eux-mêmes. Un système qui voit le jour en 1858 et qui ressemble grandement au modèle de la franchise que nous connaissons.

Plus tard, le géant de l’automobile General Motors pose les bases d’un système d’association commerciale qui s’apparente lui aussi au commerce organisé. En effet, dans les années 1929, les grands constructeurs automobiles sont soumis à la Loi Antitrust qui leur interdit de posséder des points de ventes, ce qui ralentit considérablement leur expansion. Afin de contourner cette contrainte, le directeur commercial de General Motors, Alfred P. Sloan (pionnier du franchising et mentor de Charles Géraud Seroude qui fût le premier à l’introduire en Europe. Il existe la Fondation Sloan qui créa la MIT School of Industrial Management en 1952 dans le but de former le « manager idéal », et l’école fut renommée en l’honneur d’Alfred Sloan la Alfred P. Sloan School of Management, une des meilleures business schools mondiales actuelles. Un second financement créa la Sloan Fellows Program à la Stanford Graduate School of Business en 1957.Le programme devint le Stanford Sloan Master’s Program en 1976, délivrant le diplôme de Master of Science in Management. Sloan prit sa retraite du poste de Chairman le 2 avril 1956 et mourut 10 ans plus tard en 1966..), imagine un contrat lui permettant de s’appuyer sur des revendeurs indépendants pour écouler ses produits. Ce premier contrat pose les bases de ce qui deviendra bientôt le système de concession. En effet, l’objectif de cette association est alors d’écouler les produits fabriqués par General Motors. Les points de ventes des revendeurs portent le nom du constructeur et ne distribuent que ses produits. Ils disposent également d’une exclusivité territoriale. En revanche, ce contrat ne prévoit pas la transmission d’un savoir-faire, ni l’assistance du constructeur pour sa bonne application, deux caractéristiques principales de la franchise.

De cette méthode, bon nombre d’entreprise faisant preuve de résilience et de pérennité continuent d’exercer aisément dans le monde entier.

Nous pourrons nous en rendre compte dans les données de la franchise dans le monde.

  1. Les données de la franchise dans le monde et en Afrique.

Il est rapporté qu’aux Etats-Unis, juste après la seconde guerre mondiale, le “franchising” se développe massivement et rencontre un succès considérable, comme en témoigne la célèbre histoire de l’enseigne Mc Donald’s, il faut attendre 1970 pour que la franchise se développe véritablement en France.

Et elle débarque sur le vieux continent par le biais d’un homme, Charles Géraud Seroude, qui revient des Etats-Unis, où il s’est formé aux concepts et méthodes de la franchise dans la célèbre Alfred P. Sloan School of management, du nom de celui qui fut à l’origine du succès de General Motors, dans les années 30. La boucle est bouclée.

Charles Géraud Seroude convainc rapidement des grands noms de l’industrie et du commerce tels que Yoplait, DMC ou La Redoute. Le mouvement est lancé en Europe.

Charles G. Seroude participa ces 40 dernières années au succès de plus de 250 enseignes et de leurs quelques 20 000 franchisés. Il est le Conseiller de plus de 250 franchiseurs majeurs tels que Carrefour®, Yoplait®, Accor®, et Royal Canin®, tant en France qu’à l’international.

L’Europe compte 13.000 franchises alors qu’on en compte 3000 aux États-Unis, 4000 en Chine, 1200 au Canada, 2426 au Brésil et 1180 en Australie.

En Afrique, quand bien même que bons nombres de franchiseurs y sont implantés, les statistiques ne sont disponibles que dans des pays comme l’Afrique du Sud, l’Egypte, la Tunisie et le Maroc.

Cela s’explique par les efforts de légifération des gouvernants de ces pays et d’initiatives associatives sérieuses pour organiser et mieux structurer ce secteur.

Rozenn Perrigot, dans son livre intitulé « Retailing et localisation, une approche multidisciplinaire » précisement en son chapitre titré « L’Afrique : un continent prometteur pour la franchise internationale et locale » parut dans Open Edition Books, Elle expose qu’au cours des dernières années, différents franchiseurs internationaux ont exploré et commencé à exploiter les opportunités de développement en Afrique, notamment dans les secteurs de la restauration et de l’hôtellerie (Domino’s Pizza, Kentucky Fried Chicken, McDonald’s, les groupes Accor et Marriott, par exemple). Dans le même temps, des réseaux de franchise africains ont commencé à émerger dans différents secteurs d’activité et plus particulièrement dans celui de la restauration.

Le développement de la franchise en Afrique du Sud ne doit pas masquer le développement de la franchise dans d’autres pays africains. En outre, l’arrivée et le développement de réseaux américains (Burger King, Domino’s Pizza, Kentucky Fried Chicken, McDonald’s, Pizza Hut, Subway dans la restauration par exemple…) et européens (Baila Pizza, Brioche Dorée, El Rancho, Paul toujours dans la restauration…) sur le continent africain ne doivent pas occulter les activités grandissantes des franchiseurs africains.

En termes d’hypermarchés et supermarchés, le groupe français Carrefour est présent en Afrique à travers son partenariat avec la Compagnie française de l’Afrique occidentale (CFAO). Ils prévoient d’ouvrir de nouveaux centres commerciaux ensemble, avec notamment d’autres points de vente franchisés dans les galeries marchandes. Leurs pays cibles sont le Cameroun, le Congo, la Côte d’Ivoire (déjà ouvert), le Gabon, le Ghana, le Nigeria, la République Démocratique du Congo et le Sénégal. En outre, la CFAO a plusieurs partenariats avec des franchiseurs français dans divers secteurs d’activité parmi lesquels figurent Baila Pizza, le groupe Beaumanoir, Beauty Success, La Brioche Dorée, La Grande Récré, Jeff de Bruges, L’Occitane, El Rancho, San Marina26. Carrefour est également présent en Algérie, en Égypte, au Maroc et en Tunisie, en Côte d’Ivoire. L’un de ses concurrents, Casino, a des points de vente franchisés au Cameroun, au Congo, au Gabon, en Côte d’Ivoire, au Sénégal et en Tunisie.

Dans le commerce de détail spécialisé, Gautier, un réseau dans l’équipement de la maison et des meubles, a des activités en Algérie, au Congo, au Kenya, à Madagascar et au Maroc. M. Bricolage a quant à lui utilisé la master franchise pour développer son réseau au Congo, au Gabon, en Côte d’Ivoire et au Sénégal. Cette enseigne a pour ambition d’ouvrir cinq points de vente en cinq ans30. La Fnac, dans les produits culturels et l’électronique, a des objectifs d’ouvertures en Côte d’Ivoire avec un partenaire local.

 

En termes de services, dans le secteur hôtelier, le groupe français Accor est présent dans 16 pays d’Afrique, avec environ 100 hôtels et 15000 chambres. Par exemple, Accor a 36 hôtels dans 12 pays d’Afrique subsaharienne sous ses différentes enseignes Ibis, Mercure, Novotel, Pullman et Sofitel, qui vont de l’économique au luxe. Accor a aussi 20 projets d’ouverture d’hôtels correspondant à 3600 chambres, par exemple à Lagos, Abuja, Johannesburg, Cap Town, Durban, Accra, Luanda et Nairobi. Accor utilise principalement des contrats de franchise et de management pour ces projets en Afrique. Dans une autre partie de l’Afrique, à savoir le Maroc, Accor, avec son partenaire local, est présent dans 16 villes avec environ 30 hôtels. Le groupe américain Marriott dispose de 111 hôtels en Afrique : 71 en Afrique du Sud, neuf en Namibie, sept en Égypte, sept en Zambie, cinq en Tanzanie, trois au Nigeria, deux en Ouganda, deux en Algérie et un dans chacun des pays suivants : le Ghana, la Libye, le Malawi et le Rwanda. Hilton a également 11 projets d’ouverture sous l’enseigne Hilton Garden Inn en Afrique.

Dans le secteur de la restauration rapide, McDonald’s est présent dans trois pays africains seulement, à savoir l’Égypte, le Maroc et l’Afrique du Sud. Néanmoins, l’Afrique du Sud compte plus de 200 restaurants, 8 millions de clients par mois et 10000 employés. Kentucky Fried Chicken est présent en Égypte, au Maroc, au Nigeria et en Afrique du Sud, de même que Domino’s Pizza et Pizza Hut qui se trouvent généralement dans les mêmes pays (à l’exception du Nigeria pour Pizza Hut). Subway est également présent en Afrique avec un restaurant à Djibouti, 6 en Égypte, 9 au Kenya, 12 en Afrique du Sud, 4 en Tanzanie et 8 en Zambie. Paul, la chaîne française de boulangeries et sandwiches, est en cours d’ouvertures de points de vente en Égypte, Côte d’Ivoire (déjà ouvert) et Maroc et a aussi des projets pour le Sénégal et le Ghana.

Enfin, sur le marché des services pour l’automobile, Speedy est présent en Algérie, en Égypte, au Maroc, au Sénégal et en Tunisie via un contrat de master franchise.

Elle présente aussi que l’on dénombre de nombreux franchiseurs africains dans le secteur de la restauration rapide et traditionnelle.

En ce qui concerne les enseignes nigérianes, par exemple, M. Bigg’s a 170 restaurants au Nigeria et quatre au Ghana, Chicken Republic : 65 restaurants au Nigeria et au Ghana et Tantalizers : 54 restaurants au Nigeria.

D’autres enseignes nigérianes sont Big Treat, Charlies, Favorites, Frechies, Friends, Gina’s Fast Food Delite, Kas Chicken, Kigstine Jo Snacks & Burger, Sweet Sensation, Tastees Fried Chicken (TFC), The Kitchen (Olotu & Awoseila 2011).

Par ailleurs, Spur Corporation, un franchiseur multi-enseignes d’Afrique du Sud – dont fait partie la marque Spur évoquée précédemment – est entré récemment sur le marché éthiopien, en complément de ses 572 restaurants déjà existants dans douze pays d’Afrique.

Le groupe Innscor au Zimbabwe a développé plusieurs concepts dans les secteurs des boulangeries et des restaurants de type rapide, parmi lesquelles Chicken Inn, Creamy Inn, Pizza Inn, Baker’s Inn, Fish Inn49. Au Maroc, Venezia Ice dans le segment de la crème glacée et de la petite restauration a une trentaine d’unités.

Dans le secteur de la mode, Marwa, une chaîne marocaine de prêt-à-porter, a 60 unités environ, dont cinq en Arabie Saoudite, une à Bahreïn et une en Libye. Sole Rebels, une chaîne éthiopienne dans le secteur de la chaussure, a pour projet d’ouvrir 30 points de vente franchisés aux États-Unis, en Australie, en Italie et au Japon.

Elle poursuit pour dire que la franchise africaine semble se développer de façon significative dans les secteurs de la restauration traditionnelle et de la restauration rapide comme le soulignent les exemples avec :

L’enseigne Carnivore, considérée comme « la plus grande expérience culinaire d’Afrique » a été créée en 1982 par le groupe Tamarind qui détient à ce jour douze restaurants, dont deux sous l’enseigne Carnivore, l’un basé à Nairobi et l’autre à Johannesburg.

L’enseigne Chickandy est un concept de restauration rapide halal, spécialisé dans le poulet épicé et créé par le groupe Kandy Frères SARL. Le premier restaurant Chickandy a été ouvert dans une petite ville près de Marrakech en 2008. En raison du succès de ce premier restaurant, le concept a été dupliqué à Casablanca, Rabat et Marrakech. À présent, l’enseigne compte six restaurants au total, à Casablanca (trois restaurants), Mohammedia, Oujda et Laayoune. Le développement de l’enseigne repose sur la franchise.

L’enseigne Chicken Republic, créée en 2004, est composée de 65 restaurants localisés au Nigeria et au Ghana. Plus de 5000 personnes travaillent dans ce réseau. Le concept est principalement basé sur du poulet épicé, mais des burgers, des sandwiches, des desserts, etc., sont aussi proposés sur la carte.

La Gastronomie Pizza, enseigne créée en 2001 et employant à ce jour plus de 200 personnes, est leader sur le marché de la pizza à Madagascar avec 26 restaurants localisés dans les villes suivantes : Antananarivo, Tamatave, Antsirabe, Mahajanga, Diego et bientôt Tuléar. Six restaurants appartiennent au franchiseur, les autres sont sous contrat de franchise, de master franchise ou de joint-venture. Au-delà des pizzas sont aussi servis, dans un cadre au design moderne, des hamburgers, des kebabs, des frites, des jus de fruits et des glaces, le tout à consommer sur place ou à emporter.

Elle démontre l’existence de franchise dans le secteur social, par exemple la santé, le traitement et la vente d’eau, l’hygiène et l’accès aux W.-C, l’accès à l’énergie, l’éducation, l’agriculture… Des exemples sont CFWClinics dans le secteur de la santé au Kenya, Jibu dans le traitement et la vente d’eau en Ouganda et au Rwanda, Magitek dans le forage de puits en Tanzanie, Sanergy dans l’accès aux installations sanitaires au Kenya, Solar Sisters dans la vente de produits solaires en Ouganda ou encore Modni Recyclage dans le recyclage du papier en Afrique du Sud.

Source : https://books.openedition.org/pup/31413?lang=fr

Il appert de tout ceci que la franchise est à la fois un moyen de « consommation » de l’économie extérieure, amis aussi une formidable opportunité d’extension du tissu industriel ou artisanal, économique et de service local africain en Afrique et dans le monde.

  1. Franchise, moyen de « consommation » de l’économie extérieur, puis opportunité d’extension du tissu industriel et économique ou de service local africain à l’extérieur.

L’histoire du développement des grandes nations économiques dans ce monde commence certes par le relèvement du niveau de vie des populations, mais passe aussi par l’acceptation des styles de vie des pays phares économiquement parlant dans le monde.

C’est aussi cela l’autre aspect de la mondialisation. Il ne suffit pas d’être afro centriste pour lever une critique sur ce qui vient de l’extérieur.

Toutes ses entreprises qui s’installent par le biais de la franchise dans le monde ne visent pas seulement à faire des bénéfices tournés seulement vers leurs propres intérêts.

Dans la franchise, le concept de partenariat est poussé à son paroxysme car comme Monsieur G. Seroude le disait et je paraphrase, il est dans l’intérêt du franchisé de mieux réussir pour que le franchiseur réalise aussi des chiffres et cela de manière pérenne.

Le franchiseur, quel que soit le domaine d’activité concerné, procède à la transmission d’un savoir-faire, mais surtout en franchising, il procède à un savoir-faire faire.

Dès lors ce savoir-faire acquis devient un héritage pour le franchisé et au-delà de lui pour sa nation.

Il en découlera assurément pour lui et pour sa nation une amélioration,  un relèvement du style de vie, du tissu économique. La conséquence en sera absolument une meilleure attractivité pour son pays non seulement en terme touristique, mais aussi en matière d’investissement.

A rebours de tout ceci, comme je l’ai dit dans une de mes publications, ou bien l’entrepreneur local se fait absorber, ou alors il tire le meilleur de cette conception de la franchise pour étendre son entreprise dans le monde.

Pour y arriver, il devra absolument se mettre aux standards en la matière, donc relever impérativement la qualité de ses prestations, de ses services et de ses produits. Une fois cette étape franchi, il pourra lui aussi mieux s’exporter et s’étendre dans le monde par le biais de la franchise.

Il est impérieux de sortir du cloisonnement Entrepreneurial à partir duquel on se contente du marché local, pour viser les marchés extérieurs. En effet il est indubitable que l’Afrique a matière à faire valoir et non pas s’ériger en société unique de consommation.

Le franchising vient se positionner comme la solution pour y arriver de manière durable et pérenne.

  1. Challenges et recommandations

Au titre des challenges et recommandations, je voudrais partager les challenges si bien exposés par Rozenn Perrigot, dans son livre intitulé « Retailing et localisation, une approche multidisciplinaire » précisément en son chapitre titré « L’Afrique : un continent prometteur pour la franchise internationale et locale » parut dans Open Edition Books, lorsqu’il dit que et je cite : «  Le challenge principal réside dans le fait que de nombreux franchiseurs internationaux considèrent l’Afrique comme étant une seule cible géographique alors que l’Afrique est composée de 54 pays très différents avec différents environnements économiques, politiques et culturels, et différents besoins chez les clients. Les pays francophones d’Afrique de l’Ouest sont marqués par la culture française, alors que des pays comme le Nigeria et le Kenya sont sous influence anglaise et d’autres pays sous influence portugaise. Les franchiseurs internationaux doivent considérer chaque pays africain comme un marché unique avec ses propres spécificités, opportunités et exigences. En termes de stratégies de développement, ils doivent donc renforcer leurs connaissances sur les spécificités des pays africains qu’ils veulent pénétrer, en collaboration avec des entrepreneurs locaux parmi lesquels les masters franchisés et les franchisés, afin de mieux adapter leurs produits et services aux besoins des clients locaux. Un autre challenge concerne l’environnement juridique de la franchise en Afrique qui peut freiner le développement des réseaux dans les pays africains. Les questions du droit commercial, de la propriété intellectuelle, de la concurrence seront des questions à traiter. Ces éléments ne sont en effet pas toujours pris en considération dans le cadre juridique des pays africains et représentent donc des menaces pour le développement et la pérennité des réseaux. »

Une implication des pouvoirs publics s’impose en partenariat avec les acteurs  du secteur de la franchise, qu’ils soient d’ordre associatif, entrepreneurial ou individuel, présent dans les pays africains à l’effet de contribuer, dès à présent, à mieux structurer ce secteur d’activité. Une telle démarche sera de nature à permettre d’éviter des franchisations à tout vent et de tous concepts.

Il est impérieux de faire en sorte que ce soit aussi des franchises de meilleures qualités qui s’installent en Afrique comme des franchises africaines de meilleures qualités qui arrivent à s’exporter sur le continent africain et dans le monde.

L’ensemble des acteurs des grandes entreprises, des PME et de PMI devraient être encouragés par nos états vers cet état de fait précédemment présenté.

Je souhaite, tirer l’attention de nos pouvoirs publics africains, en donnant des pistes de reflexion au travers de ce rapport intitulé : « rapport d’Afreximbank, le secteur de la franchise en Afrique manque de dynamisme, mais les opportunités inexploitées sont énormes. » publié le 17 juin 2022 :

source: https://www.afreximbank.com/fr/selon-le-rapport-dafreximbank-le-secteur-de-la-franchise-en-afrique-manque-de-dynamisme-mais-les-opportunites-inexploitees-sont-enormes/

« La Banque africaine d’Import-Export (Afreximbank) a lancé aujourd’hui au Caire une étude de marché sur le secteur de la franchise en Afrique, faisant apparaître un secteur relativement faible avec d’énormes opportunités sur le continent.

Cette étude, menée dans le cadre des piliers Create et Connect de la stratégie commerciale intra-africaine d’Afreximbank, montre que le secteur de la franchise n’est pas très développé sur le continent, à l’exception de l’Afrique du Sud, du Nigeria et de plusieurs pays de la région Afrique du Nord des sous-régions arabophone/francophone et arabo-anglophone.

L’étude a mis en évidence la prédominance de grandes marques de franchise sud-africaines et zimbabwéennes qui se sont développées au-delà de leurs frontières (outbound) à travers la région de la Communauté de développement de l’Afrique australe et au-delà.

Elle a identifié les défis communs au franchisage sur le continent, notamment :

Un écosystème faible qui constitue une contrainte pour le modèle économique de la franchise. Les pays examinés dans le rapport présentent une variété de contraintes à la fois au niveau macro et micro. Les aspects clés de l’écosystème des pays ont été jugés faibles pour la franchise, notamment le manque d’accès au capital/financement, les compétences limitées et le vide politique.

Un penchant général pour le franchisage interne, qui tend à rendre nécessaire l’importation de certains biens.

L’accès limité et coûteux au financement.

L’absence de franchisés compétents et financièrement qualifiés pour superviser les opérations de franchise

Elle a également identifié les possibilités de franchisage, à savoir :

Un marché croissant et relativement inexploité pour un large éventail de concepts de franchise dans tous les secteurs ;

L’utilisation de la technologie et la mise à profit des diasporas comme sources cruciales d’investissements directs étrangers ;

Des domaines d’activité émergents, tels que le commerce électronique, les énergies renouvelables, les initiatives vertes/recyclage, les commodités et la technologie.

Conformément à l’étude, le secteur créatif en plein essor en Afrique constitue un terrain propice à la franchise. Il s’agit notamment de l’industrie cinématographique et musicale nigériane, en plein essor, qui a contribué à hauteur de 1,8 milliard de dollars US au PIB du pays en 2020 et continue de croître au rythme de plus de 1 % par an. Par ailleurs, l’Afrique produit des artistes musicaux talentueux récompensés internationalement par des Grammy et d’autres prix.

La stratégie commerciale intra-africaine d’Afreximbank donne la priorité au franchisage en tant qu’instrument essentiel pour ouvrir des opportunités inexploitées et émergentes pour les entrepreneurs, en particulier les petites et moyennes entreprises à la recherche de nouveaux projets commerciaux sur le continent africain.

En clair, cette étude démontre de l’intérêt de certaines institutions financières et bancaires à accompagner les franchises en Afrique, reste à nos chères autorités à définir le cadre légal et réglementaire de la franchise en Afrique de sorte à la faire sortir de l’état informel ou embryonnaire dans laquelle elle se situe en ce moment.

Nous y travaillons tous ensemble.

 

 

 

 

 

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