AFRETAIL 2026
Forum du Retail et de la Franchise en Afrique
30 juin 2026 | Espace Saint-Martin, Paris
Interview Exclusive
Dans le cadre d’AFRETAIL 2026, le forum du retail et de la franchise dédié à l’Afrique qui se tiendra le 30 juin 2026 à Paris [[1]], Africa Franchise Forum Magazine a eu le privilège de s’entretenir avec Stéphanie Désirée N’Goran, Cheffe de Service Formation au sein du Guichet Unique du Commerce Extérieur de Côte d’Ivoire (GUCE-CI).
La Côte d’Ivoire, pays à l’honneur de cette troisième édition [[6]], s’impose comme un hub commercial stratégique en Afrique de l’Ouest. À travers cette interview, Stéphanie N’Goran nous éclaire sur le rôle crucial du GUCE-CI dans la facilitation des échanges commerciaux et l’accompagnement des investisseurs internationaux, particulièrement les acteurs du retail et de la franchise désireux de s’implanter sur le marché ivoirien.
Entre digitalisation des procédures, simplification administrative et opportunités offertes par la ZLECAF, découvrez comment la Côte d’Ivoire se positionne comme une destination d’investissement privilégiée et comment le GUCE-CI accompagne cette dynamique de modernisation du commerce extérieur.
Interview réalisée dans le cadre du partenariat médias AFRETAIL 2026 × Africa Franchise Forum Magazine
FICHE INTERVENANTE
Intervenante : Stéphanie Désirée N’Goran
Fonction : Cheffe de Service Formation
Structure : GUCE-CI
Événement : AFRETAIL 2026
Rôle : Intervenante institutionnelle
Pays à l’Honneur : Côte d’Ivoire
I. Portrait & Parcours Professionnel
Pouvez-vous vous présenter — votre formation académique, votre parcours professionnel et ce qui vous a amenée à occuper votre rôle au sein du GUCE-CI ?
Je suis titulaire d’une maîtrise en linguistique, option communication.
J’occupe actuellement le poste de Cheffe de Service Formation au sein de GUCE CI, après avoir exercé pendant plusieurs années en qualité d’analyste qualité et test logiciel au sein de la même structure.
Mon parcours professionnel m’a permis de développer une compréhension approfondie des différentes fonctionnalités, services et mécanismes opérationnels du GUCE, ainsi qu’une solide expertise de son environnement digital.
Grâce à la combinaison de mes compétences en communication, de ma capacité à vulgariser des concepts techniques et de ma maîtrise des outils de la plateforme, je me suis naturellement orientée vers la formation et l’accompagnement des utilisateurs. Aujourd’hui, j’ai à cœur de contribuer au renforcement des capacités des usagers, en facilitant leur appropriation des solutions de GUCE CI et en favorisant une utilisation optimale des services proposés.
Qu’est-ce qui vous a personnellement attirée vers les métiers du commerce extérieur et de la facilitation des échanges internationaux ?
Ce qui m’a personnellement attirée vers les métiers du commerce extérieur et de la facilitation des échanges internationaux, c’est avant tout leur rôle stratégique dans le développement économique d’un pays. J’ai très tôt été sensible à l’importance des échanges commerciaux comme levier de croissance, de compétitivité et d’intégration aux marchés internationaux.
Au fil de mon parcours professionnel au sein de GUCE CI, j’ai découvert toute la complexité, mais aussi toute la richesse de cet écosystème, où interagissent administration publique, opérateurs économiques, transitaires, importateurs et exportateurs. J’ai particulièrement été marquée par l’impact concret qu’une meilleure organisation des procédures et qu’une digitalisation efficace peuvent avoir sur la fluidité des opérations commerciales.
Ce qui me passionne dans ce domaine, c’est la possibilité de contribuer, à mon niveau, à simplifier les processus, réduire les contraintes opérationnelles et améliorer l’expérience des usagers. La facilitation des échanges va bien au-delà des outils et des procédures ; elle constitue un véritable levier de transformation, de performance et d’attractivité économique.
Participer à cette dynamique, en accompagnant les acteurs dans la compréhension et l’adoption des solutions mises à leur disposition, donne pleinement du sens à mon engagement professionnel.
Quelles ont été les expériences clés qui ont forgé votre expertise dans ce domaine ?
Les expériences clés qui ont forgé mon expertise dans ce domaine sont principalement liées à mon parcours au sein de GUCE CI, où j’ai eu l’opportunité d’évoluer sur des fonctions complémentaires et très enrichissantes.
Mes premières années en tant qu’analyste qualité et test logiciel ont été particulièrement déterminantes. Cette expérience m’a permis d’acquérir une compréhension fine des processus métiers liés au commerce extérieur, mais également des besoins opérationnels des différents acteurs de l’écosystème. J’y ai développé une forte capacité d’analyse, de rigueur et une excellente maîtrise des outils numériques dédiés à la facilitation des échanges.
Le fait de travailler au croisement des exigences techniques et des réalités métiers m’a également permis de mieux appréhender les défis rencontrés par les utilisateurs dans leurs opérations quotidiennes. J’ai ainsi appris à identifier les points de friction, à contribuer à l’amélioration continue des outils et à participer activement à l’optimisation des processus.
Ma transition vers les fonctions de formation a constitué une autre étape majeure dans mon parcours. Elle m’a amenée à transformer cette expertise technique en accompagnement concret, en aidant les usagers à mieux comprendre, maîtriser et exploiter les services du GUCE CI.
Enfin, les échanges constants avec les opérateurs économiques, les administrations partenaires et les équipes internes ont largement contribué à enrichir ma vision stratégique du secteur. Ces interactions m’ont permis de développer non seulement une expertise technique et fonctionnelle, mais aussi une compréhension plus globale des enjeux de compétitivité, de performance et de modernisation du commerce extérieur.
II. Le GUCE-CI : Mission & Fonctionnement
Qu’est-ce que le Guichet Unique du Commerce Extérieur de Côte d’Ivoire (GUCE-CI) ? Quelle est sa mission fondamentale et comment s’inscrit-il dans la politique économique de la Côte d’Ivoire ?
GUCE CI (Guichet Unique du Commerce Extérieur de Côte d’Ivoire) est une société d’État créée pour moderniser, simplifier et digitaliser l’ensemble des procédures liées au commerce extérieur en Côte d’Ivoire. Concrètement, il s’agit d’une plateforme intégrée qui centralise, sur un point d’accès unique, les formalités administratives, douanières, portuaires, logistiques et financières nécessaires aux opérations d’importation et d’exportation.
Sa mission principale est de faciliter les échanges commerciaux en réduisant la complexité administrative, les délais de traitement et les coûts supportés par les opérateurs économiques. À travers ses outils numériques, GUCE CI permet aux importateurs, exportateurs, transitaires, administrations publiques et autres parties prenantes d’interagir plus efficacement dans un environnement entièrement dématérialisé.
Dans la politique économique de la Côte d’Ivoire, GUCE CI occupe une place stratégique. Il s’inscrit pleinement dans la vision de transformation structurelle de l’économie ivoirienne, fondée sur la compétitivité, l’attractivité des investissements et le renforcement du positionnement du pays comme hub commercial et logistique en Afrique de l’Ouest.
En fluidifiant les opérations d’import-export, GUCE CI contribue directement à améliorer le climat des affaires, à renforcer la compétitivité des entreprises et à soutenir la croissance économique. Elle participe également à la sécurisation des recettes de l’État, à l’optimisation des contrôles et à l’accélération des échanges internationaux.
Au-delà de son rôle opérationnel, GUCE CI est aujourd’hui un véritable levier de transformation digitale et de gouvernance économique. Il ne facilite pas seulement les échanges ; il contribue aussi à bâtir un commerce extérieur plus performant, plus transparent et plus résilient face aux défis du commerce mondial.
Quels sont les services concrets proposés par le GUCE-CI à destination des opérateurs économiques — importateurs, exportateurs, franchiseurs, distributeurs — désireux de s’implanter en Côte d’Ivoire ?
GUCE CI propose un ensemble de services concrets destinés à simplifier, sécuriser et accélérer les opérations de commerce extérieur pour les opérateurs économiques souhaitant s’implanter ou développer leurs activités en Côte d’Ivoire. Son rôle est d’agir comme une interface unique entre les entreprises et l’ensemble des administrations et acteurs intervenant dans la chaîne du commerce international.
Pour les importateurs, exportateurs, franchiseurs et distributeurs, les principaux services proposés par GUCE CI s’articulent autour de plusieurs volets :
- Centralisation des formalités administratives
Le GUCE permet d’effectuer, à partir d’une plateforme unique, l’ensemble des démarches liées aux opérations d’importation et d’exportation, sans avoir à multiplier les déplacements entre administrations. Cette centralisation représente un gain considérable en temps, en efficacité et en visibilité pour les opérateurs. - Dématérialisation complète des procédures
L’un des services majeurs de GUCE CI est la digitalisation des procédures du commerce extérieur. Les opérateurs peuvent soumettre leurs documents, suivre leurs dossiers en temps réel et recevoir les validations de manière électronique. - Interconnexion avec les administrations et partenaires clés
Le GUCE relie les opérateurs économiques à un large écosystème d’acteurs, parmi lesquels nous pouvons citer les Douanes, les ministères techniques, les banques et établissements financiers, les ports et plateformes logistiques. Cette interconnexion favorise une circulation plus fluide de l’information et une meilleure coordination entre tous les acteurs. - Paiement électronique sécurisé
La plateforme facilite également le règlement de certains frais et redevances via des systèmes sécurisés, offrant davantage de transparence et réduisant les délais liés aux paiements physiques. - Assistance, formation et accompagnement des usagers
Au-delà des outils technologiques, GUCE CI joue un rôle important dans l’accompagnement des opérateurs économiques. Cela passe par des formations, des ateliers de sensibilisation, une assistance technique et un support aux utilisateurs. Cet accompagnement est particulièrement précieux pour les nouveaux investisseurs, franchiseurs ou distributeurs qui découvrent l’environnement réglementaire ivoirien.
En résumé, le GUCE n’est pas seulement un outil administratif ; c’est un véritable facilitateur d’affaires. Il contribue à rendre l’environnement commercial ivoirien plus accessible, plus transparent et plus compétitif, renforçant ainsi l’attractivité de la Côte d’Ivoire comme destination d’investissement et hub régional de commerce en Afrique de l’Ouest.
Comment le GUCE-CI a-t-il évolué ces dernières années, notamment en matière de digitalisation des procédures et de simplification administrative ?
Ces dernières années, le GUCE a connu une évolution majeure, marquée par une accélération de la digitalisation des procédures et une modernisation continue de l’environnement du commerce extérieur en Côte d’Ivoire. Cette transformation s’inscrit dans une volonté claire de l’État ivoirien de rendre les échanges commerciaux plus rapides, plus transparents et plus compétitifs.
L’évolution du GUCE peut être observée à travers plusieurs avancées majeures :
- Passage progressif du papier au numérique
L’une des évolutions les plus significatives a été la dématérialisation progressive des procédures auparavant largement basées sur des documents physiques. Là où les opérateurs devaient autrefois effectuer de multiples déplacements entre administrations, une grande partie des démarches peut désormais être réalisée en ligne via la plateforme du GUCE. - Simplification et rationalisation des procédures
Le GUCE a également œuvré à simplifier les circuits administratifs en réduisant les redondances et en fluidifiant les interactions entre les différentes parties prenantes. L’objectif n’était pas seulement de numériser l’existant, mais aussi de repenser les processus pour les rendre plus efficaces. Cela a permis une meilleure lisibilité des procédures pour les opérateurs économiques, notamment pour les nouveaux entrants sur le marché ivoirien. - Renforcement de l’interconnexion entre acteurs
Le GUCE a progressivement renforcé l’interconnexion entre les administrations publiques, les services douaniers, les opérateurs portuaires, les banques et les autres acteurs de la chaîne logistique. - Amélioration de l’expérience utilisateur
Un effort important a été consacré à l’amélioration de l’expérience des usagers à travers des interfaces plus accessibles, un accompagnement renforcé, des formations régulières, une assistance technique plus réactive. Ceci afin de placer davantage l’opérateur économique au centre du dispositif. - Renforcement de la transparence et de la traçabilité
Grâce à la digitalisation, les opérateurs disposent désormais d’une meilleure visibilité sur l’état d’avancement de leurs dossiers et sur les différentes étapes de traitement.
En résumé, le GUCE-CI est passé d’un rôle de centralisation administrative à celui de véritable plateforme stratégique de facilitation des échanges. Son évolution illustre parfaitement la transformation digitale du commerce extérieur ivoirien, avec une ambition claire : faire de la Côte d’Ivoire un hub commercial moderne et performant en Afrique de l’Ouest.
Quels sont les délais et conditions moyens d’accompagnement d’un opérateur étranger souhaitant démarrer une activité commerciale en Côte d’Ivoire via le GUCE-CI ?
Une fois l’entreprise juridiquement constituée, l’opérateur peut être intégré à l’écosystème du GUCE afin d’effectuer ses opérations de commerce extérieur. Pour bénéficier pleinement des services du GUCE, l’opérateur doit généralement disposer de :
- documents légaux de constitution de l’entreprise (DFE, RCCM,…)
- autorisations sectorielles éventuelles (code import-export, code déclarant,…)
- documents d’identification des représentants habilités.
Par la suite les services de GUCE CI procéderons à :
- la création et l’activation du compte opérateur ;
- l’attribution des droits et habilitations en fonction de son activité ;
- l’assistance pour la 1ère connexion et le formation.
Lorsque le dossier est complet, cette phase peut être réalisée en 24 à 72 heures, voire plus rapidement selon le niveau de préparation de l’opérateur.
III. Facilitation des Échanges & Attractivité
Comment le GUCE-CI contribue-t-il concrètement à l’amélioration du classement de la Côte d’Ivoire dans les indicateurs internationaux de facilitation des affaires (Doing Business, Indice de Facilitation des Échanges…) ?
Le GUCE agit comme un catalyseur de compétitivité économique.
Son apport va bien au-delà de la simple digitalisation des formalités administratives. Le GUCE améliore structurellement l’environnement des affaires ivoirien en réduisant les délais, les coûts et la complexité des opérations de commerce extérieur. Ce faisant, il contribue directement à renforcer l’image de la Côte d’Ivoire comme destination d’investissement crédible, moderne et compétitive sur la scène internationale.
Quelles sont les principales barrières administratives que le GUCE-CI a réussi à lever pour les opérateurs étrangers désireux de s’implanter en Côte d’Ivoire ?
Le GUCE a permis de lever plusieurs barrières administratives majeures qui constituaient historiquement des freins à l’implantation et aux opérations des investisseurs et opérateurs en Côte d’Ivoire. Ces avancées ont considérablement amélioré l’accessibilité, la fluidité et la prévisibilité de l’environnement du commerce extérieur ivoirien.
Parmi les principales barrières levées, on peut citer :
- La multiplicité des interlocuteurs administratifs
Autrefois, un opérateur devait interagir séparément avec de nombreuses structures : administrations douanières, ministères techniques, services portuaires, banques, organismes de contrôle, etc. Grâce au GUCE, cette barrière a été largement réduite par la mise en place d’un point d’entrée unique centralisant les démarches. - La lourdeur des procédures papier
L’un des obstacles majeurs résidait dans la forte dépendance aux documents physiques, aux dépôts manuels et aux validations en présentiel. La dématérialisation opérée par le GUCE-CI a permis de transformer profondément ce modèle en privilégiant des procédures numériques plus rapides et plus efficaces. - Le manque de visibilité sur les procédures
Pour de nombreux investisseurs, l’une des difficultés majeures était l’absence de lisibilité sur les formalités à accomplir, les documents requis etc. GUCE CI a largement amélioré cette situation en standardisant les processus, en rendant les parcours plus clairs et plus structurés et en mettant à disposition le PWIC. - Les délais de traitement excessifs
Avant la modernisation des procédures, les délais liés aux opérations d’import-export pouvaient être allongés par les circuits de validation séquentiels, les lenteurs administratives, le manque de coordination entre institutions. Grâce à l’automatisation et à l’interconnexion des systèmes, les délais de traitement ont été significativement réduits. - Les risques d’opacité et de faible traçabilité
Dans un environnement fortement manuel, les opérateurs pouvaient manquer de visibilité sur l’avancement de leurs dossiers. La digitalisation a introduit davantage de traçabilité et de transparence, permettant un meilleur suivi des opérations.
En quoi la Côte d’Ivoire se distingue-t-elle, sur le plan administratif et réglementaire, des autres marchés d’Afrique de l’Ouest pour un franchiseur ou un retailer international ?
En plus de la dynamique économique globale du pays, la mise en place du GUCE constitue un atout majeur.
IV. Retail, Franchise & Commerce Extérieur
Le retail moderne et la franchise impliquent des flux complexes — importation de produits, de savoir-faire, de technologies. Comment le GUCE-CI accompagne-t-il les enseignes dans la gestion de ces flux ?
Oui, à travers les fonctionnalités logistiques mise en place dans le cadre du PCS et aussi par la facilitation de l’obtention des différentes autorisations administratives.
Comment le GUCE-CI coordonne-t-il son action avec les autres institutions ivoiriennes (CEPICI, Douanes, Ministère du Commerce…) pour offrir un accompagnement cohérent et efficace aux investisseurs ?
GUCE CI joue un rôle central dans l’écosystème du commerce extérieur ivoirien, mais son efficacité repose largement sur sa capacité à travailler en synergie avec les principales institutions publiques intervenant dans le commerce et la logistique. Cette coordination interinstitutionnelle est essentielle pour offrir aux investisseurs — nationaux comme étrangers — un parcours plus fluide, cohérent et performant.
Cette coordination s’articule autour de plusieurs mécanismes.
1. Une logique d’interconnexion institutionnelle
GUCE est une plateforme fédératrice reliant plusieurs administrations et organismes clés autour d’un objectif commun : simplifier et fluidifier les opérations de commerce extérieur.
Parmi les institutions avec lesquelles il collabore étroitement figurent notamment : l’Administration des Douanes de Côte d’Ivoire, le Ministère en charge du Commerce; les ministères techniques, les autorités portuaires et logistiques, les banques et établissements financiers.
Cette interconnexion permet d’éviter que l’investisseur ne navigue de manière isolée entre différentes administrations et améliore fortement la fluidité de la chaîne logistique.
L’un des principaux outils de cette coordination reste la digitalisation.
Grâce aux plateformes interconnectées :
- l’information circule plus rapidement ;
- les validations sont plus fluides ;
- les doublons sont réduits ;
- la traçabilité est renforcée.
Cette digitalisation améliore considérablement l’expérience des investisseurs.
Au-delà des outils, la coordination institutionnelle vise un objectif clair : offrir une expérience plus simple et plus cohérente aux opérateurs économiques.
Avez-vous des cas d’enseignes ou de distributeurs ayant bénéficié de l’accompagnement du GUCE-CI pour s’implanter avec succès en Côte d’Ivoire ? Quels enseignements en tirez-vous ?
En pratique, le GUCE-CI est surtout un facilitateur d’implantation pour les enseignes et distributeurs qui importent des produits, plutôt qu’un « réalisateur » direct de leur succès commercial. La contribution du GUCE est donc stratégique : une implantation réussie en Côte d’Ivoire passe par une bonne préparation réglementaire, une chaîne logistique bien structurée et une utilisation disciplinée des services numériques du GUCE.
V. Digitalisation & Innovation dans les Échanges
Quelle est la feuille de route du GUCE-CI en matière de digitalisation des procédures douanières et commerciales ? Où en est la Côte d’Ivoire par rapport aux standards internationaux ?
La feuille de route de GUCE CI en matière de digitalisation s’inscrit dans une ambition claire : faire évoluer la Côte d’Ivoire vers un écosystème de commerce extérieur entièrement dématérialisé, interconnecté et conforme aux meilleures pratiques internationales. L’objectif n’est plus seulement de digitaliser des formalités administratives, mais de construire une chaîne logistique intelligente, fluide et intégrée de bout en bout.
Cette feuille de route s’articule autour de plusieurs axes stratégiques.
- Poursuivre la dématérialisation intégrale des procédures
- Renforcer l’intégration avec les Douanes et les administrations partenaires
- Développer une logique de guichet unique intelligent (intégration de l’IA et exploitation accrue des données)
- Renforcer l’expérience utilisateur
La Côte d’Ivoire affiche aujourd’hui des avancées notables et se positionne parmi les économies les plus dynamiques d’Afrique de l’Ouest en matière de facilitation des échanges. Cela grâce à un guichet unique opérationnel, une forte digitalisation des procédures et une coordination institutionnelle plus mature.
Comment les technologies numériques (plateformes en ligne, signature électronique, traçabilité douanière) transforment-elles l’expérience des opérateurs qui font appel au GUCE-CI ?
Les technologies numériques ont profondément transformé l’expérience des opérateurs économiques qui interagissent avec le GUCE, en rendant les procédures commerciales et douanières plus fluides, plus transparentes et plus sécurisées.
La plateforme en a considérablement simplifié l’accès aux services. Là où les opérateurs devaient auparavant se déplacer physiquement auprès de plusieurs administrations pour accomplir leurs formalités, ils disposent désormais d’un point d’entrée unique, accessible à distance et en continu. Cette digitalisation permet un gain de temps significatif, une réduction des coûts administratifs et une meilleure coordination entre les différents acteurs de la chaîne du commerce extérieur (importateurs, exportateurs, transitaires, banques, administrations publiques).
Au-delà des gains opérationnels, cette transformation numérique améliore également la qualité de service offerte aux usagers. Elle favorise davantage de transparence dans les procédures, limite les risques d’erreurs ou de traitements manuels, et renforce la confiance entre les opérateurs économiques et l’administration.
Le e-commerce représente une nouvelle frontière pour le retail en Afrique. Le GUCE-CI dispose-t-il de dispositifs spécifiques pour accompagner les acteurs du commerce électronique transfrontalier ?
Le développement du e-commerce constitue en effet une évolution majeure pour le commerce en Afrique, avec des enjeux croissants en matière de logistique, de paiement, de dédouanement et de fluidité des échanges transfrontaliers. Dans ce contexte, GUCE CI a un rôle stratégique à jouer dans l’accompagnement de cet écosystème en pleine expansion.
Le GUCE contribue à la dématérialisation des formalités liées aux opérations d’import-export, ce qui bénéficie directement aux acteurs du commerce électronique transfrontalier. Les plateformes digitales mises en place permettent de réduire les délais de traitement des dossiers, d’accélérer les procédures de dédouanement et de fluidifier la circulation des marchandises.
Le GUCE participe également au renforcement de la traçabilité et de la transparence des flux commerciaux, deux éléments clés pour le commerce électronique international. Grâce à des systèmes de suivi plus performants, les opérateurs peuvent mieux anticiper les contraintes administratives et logistiques.
Ainsi, même si le cadre du commerce électronique transfrontalier continue d’évoluer, GUCE s’inscrit pleinement dans cette dynamique en modernisant les processus et en créant un environnement plus favorable au développement du commerce digital en Côte d’Ivoire et dans la sous-région.
VI. Enjeux Régionaux & ZLECAF
La Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAF) ouvre des perspectives inédites pour le commerce intra-africain. Quel est l’impact de cet accord sur le positionnement de la Côte d’Ivoire et sur la mission du GUCE-CI ?
La Zone de Libre-Échange Continentale Africaine constitue une avancée structurante pour l’intégration économique du continent africain. En créant un marché unique de plus d’un milliard de consommateurs, elle redéfinit profondément les dynamiques du commerce intra-africain et ouvre des perspectives majeures pour des économies stratégiques comme la Côte d’Ivoire.
Pour la Côte d’Ivoire, l’enjeu est double : consolider son rôle de hub commercial régional et renforcer la compétitivité de ses entreprises sur le marché continental. Grâce à la qualité de ses infrastructures portuaires, logistiques et routières, notamment autour du Port Autonome d’Abidjan, le pays dispose d’atouts solides pour devenir une plateforme de référence pour les échanges en Afrique de l’Ouest et au-delà. La ZLECAF offre ainsi une opportunité d’accélérer les exportations de produits à forte valeur ajoutée, de diversifier les débouchés commerciaux et d’intensifier les échanges avec les autres économies africaines.
Dans ce nouveau contexte, la mission de GUCE CI prend une dimension encore plus stratégique.
D’abord, le GUCE est appelé à jouer un rôle central dans la fluidification des échanges transfrontaliers. La réussite de la ZLECAF dépend largement de la capacité des États à réduire les barrières non tarifaires, simplifier les formalités administratives et accélérer les procédures douanières. À ce niveau, la digitalisation portée par GUCE CI constitue un levier déterminant.
Ensuite, l’institution devra renforcer l’interopérabilité des systèmes commerciaux avec ceux des autres pays africains. L’objectif est de faciliter la circulation de l’information, d’améliorer la traçabilité des marchandises et de réduire les délais de traitement aux frontières. Cette interconnexion sera essentielle pour garantir des échanges plus fluides à l’échelle continentale.
Par ailleurs, la ZLECAF accroît les exigences en matière de performance logistique, transparence et compétitivité. Cela implique pour GUCE CI de poursuivre l’innovation, notamment par le renforcement de la dématérialisation, l’automatisation des procédures et l’exploitation plus poussée de la donnée.
Au-delà de son rôle opérationnel, GUCE CI devient aussi un acteur stratégique de transformation économique. Son action contribue à positionner la Côte d’Ivoire comme une économie plus connectée, plus compétitive et mieux préparée aux nouvelles exigences du commerce africain.
Comment envisagez-vous la coopération entre guichets uniques d’Afrique de l’Ouest pour fluidifier les échanges commerciaux interrégionaux dans le secteur du retail ?
Pour GUCE CI, la coopération avec les autres guichets uniques de la sous-région permettrait d’harmoniser davantage les procédures, de réduire les barrières non tarifaires et de fluidifier les échanges transfrontaliers. Cela favoriserait des chaînes d’approvisionnement plus efficaces pour les acteurs du retail, qui dépendent fortement de la fluidité logistique pour maintenir la disponibilité des produits sur leurs marchés.
Un premier axe de coopération réside dans la standardisation des données et des documents commerciaux. L’adoption de formats communs pour les certificats d’origine par exemple permettrait une circulation plus rapide et plus sécurisée des marchandises entre États.
Le deuxième levier est celui de l’interconnexion des plateformes numériques. À terme, un opérateur économique pourrait initier et suivre une opération commerciale transfrontalière de bout en bout via des systèmes interconnectés entre plusieurs pays. Cela réduirait considérablement les délais, les coûts administratifs et les risques de rupture dans la chaîne logistique.
La coopération entre guichets uniques ouest-africains, appuyée par des plateformes de concertation comme l’Alliance Africaine pour le Commerce Électronique, constitue une condition essentielle pour bâtir un espace commercial régional plus intégré, plus compétitif et mieux aligné avec les nouvelles exigences du commerce moderne. Pour le retail, cela signifie des approvisionnements plus fluides, des coûts optimisés et une meilleure capacité à servir efficacement les consommateurs de toute la région.
VII. Message & Vision d’Avenir
Quel message souhaitez-vous adresser aux investisseurs et franchiseurs présents à AFRETAIL 2026 qui envisagent une implantation en Côte d’Ivoire ?
Je voudrais leur dire que la Côte d’Ivoire est aujourd’hui l’un des marchés les plus attractifs d’Afrique de l’Ouest pour le développement du retail, de la distribution moderne et du commerce transfrontalier.
Elle offre un environnement économique dynamique, porté par une croissance soutenue, une classe moyenne en expansion, une urbanisation rapide et une demande croissante pour des offres commerciales structurées, innovantes et accessibles. Ces fondamentaux créent un terrain particulièrement favorable à l’implantation d’enseignes, de franchises et de concepts retail à fort potentiel.
Au-delà de son marché domestique, la Côte d’Ivoire constitue également une porte d’entrée stratégique vers l’ensemble du marché ouest-africain. Grâce à ses infrastructures logistiques, à la performance du Port Autonome d’Abidjan et à sa connectivité régionale, elle se positionne comme un hub naturel pour desservir les marchés de la sous-région, y compris les pays enclavés.
Dans cet environnement, GUCE CI s’engage à être un facilitateur de croissance. Notre ambition est de simplifier les formalités, fluidifier les opérations commerciales et accompagner les investisseurs dans un écosystème de plus en plus digitalisé, transparent et performant.
Notre message est donc simple : la Côte d’Ivoire est ouverte, prête et résolument tournée vers l’avenir.
Nous invitons les investisseurs et franchiseurs à voir au-delà d’un simple marché national. S’implanter en Côte d’Ivoire, c’est investir dans une plateforme régionale de croissance, au cœur des nouvelles dynamiques du commerce africain.
Quels sont les projets ou initiatives du GUCE-CI qui seront mis en œuvre dans les 12 à 24 prochains mois et qui transformeront les conditions d’accès au marché ivoirien ?
GUCE CI entend accélérer sa transformation pour renforcer la compétitivité du commerce extérieur ivoirien et améliorer significativement les conditions d’accès au marché de la Côte d’Ivoire. Plusieurs initiatives structurantes devraient avoir un impact direct sur les opérateurs économiques, les investisseurs et les acteurs du retail.
L’un des axes majeurs concerne la poursuite de la digitalisation des procédures, avec pour objectif de réduire davantage les délais, les coûts et les frictions administratives. Cette évolution vise à offrir aux opérateurs une expérience plus fluide, plus rapide et plus intégrée.
Un chantier prioritaire portera sur le renforcement de l’interconnexion entre les administrations et les plateformes partenaires. L’ambition est d’améliorer l’interopérabilité entre les différents systèmes impliqués dans la chaîne logistique et commerciale afin de permettre une circulation plus efficace de l’information et une exécution plus rapide des opérations.
Le GUCE entend également renforcer les dispositifs de traçabilité et de pilotage des flux commerciaux. Grâce à une exploitation plus poussée des données.
Qu’attendez-vous personnellement de votre participation à AFRETAIL 2026, et comment le GUCE-CI entend-il capitaliser sur cet événement pour renforcer les échanges économiques avec les partenaires internationaux ?
Ma participation à AFRETAIL 2026 s’inscrit avant tout dans une logique d’écoute, de dialogue stratégique et de construction de partenariats durables. Cet événement constitue une plateforme privilégiée de rencontres entre décideurs publics, investisseurs, franchiseurs, distributeurs et acteurs de l’innovation commerciale venus d’horizons divers.
À titre personnel, j’en attends trois résultats majeurs.
D’abord, une meilleure compréhension des nouvelles dynamiques qui redéfinissent le retail en Afrique : transformation digitale, évolution des comportements de consommation, montée du e-commerce, optimisation des chaînes d’approvisionnement et nouveaux modèles de distribution. Ces échanges sont essentiels pour anticiper les mutations du secteur et adapter nos dispositifs d’accompagnement.
Ensuite, j’y vois une opportunité de renforcer le positionnement de la Côte d’Ivoire comme destination stratégique d’investissement pour les acteurs du retail et du commerce régional. Il est important de mettre en lumière les atouts du pays : stabilité économique, position géographique, infrastructures logistiques, connectivité régionale et dynamique de modernisation.
Enfin, AFRETAIL 2026 représente un cadre idéal pour développer des échanges de haut niveau avec des partenaires internationaux susceptibles de contribuer à l’accélération de la transformation du commerce en Côte d’Ivoire et dans la sous-région.
GUCE CI, cet événement constitue également un levier stratégique.
GUCE entend capitaliser sur cette participation pour consolider sa visibilité en tant qu’acteur majeur de la facilitation du commerce extérieur en Afrique de l’Ouest. C’est aussi l’occasion de valoriser les avancées réalisées en matière de digitalisation, de simplification des procédures et d’amélioration de l’environnement des affaires.
Nous souhaitons également identifier de nouvelles opportunités de coopération avec des institutions, des opérateurs privés, des plateformes technologiques et des partenaires internationaux partageant une vision commune d’un commerce plus fluide, plus transparent et plus intégré.
Au-delà de l’événement lui-même, l’enjeu est de transformer les échanges engagés à AFRETAIL 2026 en actions concrètes : partenariats stratégiques, projets de coopération, partage de bonnes pratiques et initiatives communes au service du commerce régional et continental.