Bulletin Confidentiel n°40 : Bulletin Spécial – Un regard désabusé sur la franchise en France – Par Charles Géraud Seroude – Pionnier de la franchise en Europe.
Bulletin Confidentiel n°40
Chères Franchiseuses, chers Franchiseurs,
Vous développez un réseau ? Assurez-vous de comprendre la vraie nature de la franchise.
Dans ce texte fort, Charles Géraud Seroude rappelle ce que tant de franchiseurs oublient… au détriment de leur pérennité.
Et quand ceux qui ont bâti la franchise parlent, il faut les écouter. Il signe ici, un texte sans concession sur les dérives et les oublis du Franchising en France, les principes originels de la Franchise.
Un regard à la fois désobligeant et ambitieux, fort de 50 années de présence au cœur du développement de la franchise en Europe.
Lorsque mon associé Thierry Borde m’a proposé de partager mon regard sur la franchise en France, j’ai d’abord tenté l’exercice d’une analyse historique critique.
Le résultat ne m’a pas satisfait. Alors, voici plutôt le fruit de 54 années d’engagement, d’observation et de transmission : un regard sincère, parfois désobligeant, mais surtout constructif et ambitieux.
À l’origine d’une définition aujourd’hui dépassée.
En 1971, avec mes collègues cofondateurs de la FFF, nous avons défini les premiers textes fondateurs du franchising en France : charte, code de déontologie, premières définitions du contrat et du système.
Ce travail, rédigé avec l’appui de Maître Jean-Paul Clément, visait à donner un cadre à une pratique encore à ses débuts.
Mais aujourd’hui, les définitions encore utilisées sont trop réductrices. Réduire la franchise à un « contrat de coopération commerciale » entre deux entreprises, c’est ignorer sa nature profonde.
Une véritable ingénierie économique et financière.
La franchise est avant tout un système de développement économique, marketing et financier, fondé sur l’initiative d’entrepreneurs juridiquement indépendants, unis par un concept, une enseigne, et une volonté de croissance commune.
« Franchising is the most attractive tool of financial leverage »
Alfred P. Sloan, fondateur de General Motors et de la Sloan School of Management
Cette phrase résume à elle seule la nature du franchising : un outil puissant d’autofinancement et d’accélération du développement.
Des réseaux dynamiques et innovants.
Les grandes réussites en franchise, en France comme ailleurs, ont toutes en commun :
- Un concept attractif et expérimenté,
- Un système de franchise modélisé et équilibré,
- Un contrat clair et loyal, mais surtout, un véritable dialogue permanent entre franchiseur et franchisés.
Il ne s’agit pas de subordination, mais de partenariat économique.
Vouloir imposer des comités d’entreprise dans ce contexte, comme le proposaient certains syndicats en 2017, relève d’une incompréhension profonde du modèle.
Une définition à la hauteur des réseaux performants.
Voici celle que je propose aujourd’hui :
« Le Franchising est un système marketing et financier de développement qui permet d’autofinancer et de stimuler la croissance de réseaux d’entreprises franchisées, dans la distribution, les services ou l’industrie, qui reproduisent sous une enseigne commune un Bon Concept ayant démontré son attractivité, dans le respect des 5 règles d’or du succès en franchise, au sein de contrats opérationnels détaillant les apports réciproques pour garantir la réussite partagée. »
Et d’y ajouter cette maxime fondatrice :
« Ce qui est bon pour le Franchiseur doit être aussi bon, sinon meilleur, pour le Franchisé. »
Conclusion
Oui, mon regard est parfois désobligeant. Mais c’est le regard d’un passionné convaincu qu’un retour aux fondamentaux peut encore inspirer la construction de réseaux plus performants, plus loyaux, plus innovants.
J’invite les juristes, les franchiseurs et tous les partenaires de ce modèle à réinterroger leurs pratiques, pour faire du contrat de franchise un outil de réussite partagée, et non un simple écran juridique.
Le Franchising est, encore aujourd’hui, le meilleur outil de levier financier pour ceux qui savent en respecter les lois économiques, les équilibres managériaux et les engagements humains.
Charles Géraud SEROUDE
Chevalier de la Légion d’Honneur
Co-Fondateur & Associés de l’INSF (Institut National Supérieur du Franchising)
Présentation de l’Expert :
- Pionnier et créateur
Dans les années 1970, Charles Géraud Seroude a lancé la franchise en Europe et en France après avoir étudié à la Stanford University.
Conseiller de plus de 250 franchiseurs majeurs tels que Carrefour®, Yoplait®, Accor®, et Royal Canin®, tant en France qu’à l’international,
Co-fondateur des Fédérations Française et Européenne de la Franchise, artisan du développement de la franchise en Europe et à l’international,
Co-rédacteur du code de déontologie Européen de la Franchise et Chevalier de la Légion d’honneur pour ses services de Conseiller du commerce extérieur de la France.
- Première société de franchise en Europe
création de la première société européenne spécialisée dans le lancement de réseaux de franchise, à l’instigation du doyen de sa prestigieuse école.
- Accompagnement de grandes entreprises
Il a conseillé et accompagné de grands noms industriels et commerciaux dans le développement de leur franchise, tels que DMC, Yoplait, La Redoute, Danone ou Carrefour.
- Expert reconnu
Reconnu internationalement comme l’un des « sages de la profession » de la franchise en France.
ANALYSE DE CE BULLETIN.
Bulletin Confidentiel n°40 de Charles Géraud Seroude : un référentiel urgent pour structurer la franchise en Afrique
Par Africa Franchise Forum Magazine – Édito analytique
Franchise en Afrique structuration formation franchise
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Un texte fondateur, une lecture africaine.
Le Bulletin Confidentiel n°40, rédigé en 2021 par Charles Géraud Seroude, cofondateur de l’Institut National de la Franchise (INSF) en France, ne relève ni de la tribune nostalgique ni d’une simple réflexion théorique.
Il constitue un document opérationnel qui rappelle avec rigueur les fondements du franchising : un système d’ingénierie économique et financière reposant sur un concept éprouvé, un contrat équilibré et un dialogue continu entre franchiseur et franchisés.
En Afrique, où aucun pays ne dispose à ce jour d’un cadre juridique spécifique à la franchise, ce texte devient une référence incontournable.
Il offre une grille de lecture claire pour distinguer la franchise authentique des déclinaisons dévoyées qui se multiplient sur le continent.
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Afrique : le Far-West de la franchise.
Selon la Banque africaine de développement, aucun État africain n’a encore adopté une législation dédiée au franchising.
Cette absence de régulation crée un vide juridique propice aux abus : des enseignes internationales s’implantent sans adaptation au contexte local, des contrats sont signés sans preuve de concept préalable, et les franchisés se retrouvent souvent sans recours en cas d’échec commercial.
Le Bulletin Confidentiel n°40 dénonce précisément ces dérives : réduction du contrat à une simple licence commerciale, à du simple juridisme, absence de validation du concept, déséquilibre structurel des rapports de force entre les parties. Ces pratiques sapent la crédibilité de toute l’industrie.
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L’Afrique du Sud : un cas d’école à exporter.
L’Afrique du Sud constitue à ce jour le seul pays africain à avoir encadré juridiquement la franchise, via le Consumer Protection Act (CPA) de 2008.
Ce texte s’applique expressément aux accords de franchise, quelle que soit la taille ou la forme juridique du franchisé. Il impose notamment :
- une obligation de disclosure précontractuel (document d’information standardisé) ;
- des clauses abusives prohibées ;
- un droit de résiliation encadré ;
- une protection renforcée du franchisé, considéré comme un consommateur vulnérable au sens de la loi
Aucun autre pays du continent ne dispose à ce jour d’un cadre légal spécifique et contraignant dédié à la franchise, que ce soit en droit interne ou dans le cadre régional (OHADA, COMESA, SADC, etc.).
Ce texte reconnaît le franchisé comme un consommateur vulnérable et impose au franchiseur des obligations strictes : remise d’un disclosure document, interdiction des clauses abusives, droit de résiliation encadré.
Le résultat est tangible : la franchise contribue à 15,3 % du PIB national, plaçant l’Afrique du Sud parmi les cinq pays au monde où le poids économique de la franchise est le plus élevé (source : International Franchise Association, 2023).
Le Bulletin Confidentiel n°40 valide explicitement cette approche protectrice et appelle à son adoption à l’échelle continentale, comme condition sine qua non d’un développement durable du secteur.
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Les 5 règles d’or : un checklist législatif prêt-à-l’emploi.
Charles Géraud Seroude énonce dans son bulletin cinq principes non négociables pour toute franchise viable :
- un concept attractif et éprouvé ;
- un système de franchise modélisé et équilibré ;
- un contrat clair, loyal et transparent ;
- un dialogue permanent entre franchiseur et franchisés ;
- un intérêt partagé, où la réussite du franchiseur ne se fait pas au détriment du franchisé.
Ces principes, absents des codes commerciaux africains, constituent un socle minimal pour tout projet de loi national ou régional.
Ils peuvent être directement transposés en dispositions légales : par exemple, l’obligation pour tout franchiseur d’effectuer un audit préalable du concept sur au moins trois cycles saisonniers locaux avant toute implantation.
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Une formation urgente pour les acteurs africains.
Tous les observateurs convergent sur un constat alarmant : les acteurs de l’écosystème africain de la franchise manquent cruellement de formation aux fondamentaux du modèle.
Ce bulletin doit servir de base à la formation des ministères du Commerce (pour la rédaction de lois cadres), des banques et investisseurs (pour l’évaluation rigoureuse des risques liés à la franchise), ainsi que des futurs franchisés (pour la lecture critique des contrats).
Chacune de ces étapes cruciales pour la structuration de l’industrie de la franchise en Afrique doit se faire en amont avec les experts dans la modélisation d’une franchise car plusieurs ingénieries sont prises en compte : l’ingénierie financière, ingénierie économique, l’ingénierie marketing et commerciale et j’ajouterai même l’ingénierie informatique.
C’est au bout de l’accomplissement de tout ce process que vient l’ingénierie juridique qui vient pour attester et organiser l’accord de volonté des parties.
Au regard de tout ceci il est crucial de reconnaître le caractère capital de tous les acteurs au métier de la franchisse et non le juridisme qui vient occulter la nécessité du travail en amont.
Le plus difficile est le candidat potentiel à l’acquisition d’une franchise, qui, se limitant à la simple définition juridique de la franchise, n’a pas pour reflexe de voir ce qu’il doit avoir comme informations.
J’étendrai cela à certains franchiseurs eux-mêmes soit par ignorance ou de mauvaises qui surf sur cette vague d’ignorance au détriment du consommateur-investisseur.
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Vers une loi-cadre africaine de la franchise.
Malgré l’absence de législation spécifique, la demande de franchises explose sur le continent. Le Nigeria, premier marché d’Afrique de l’Ouest, ainsi que le Sénégal, la Côte d’Ivoire ou le Ghana, ne disposent pourtant d’aucun cadre juridique dédié, mais avant et c’est le plus important, un cadre de concertation entre experts, dont le rapport aiderai la mise en place d’un cadre juridique.
Sans régulation, ces dynamiques risquent de se transformer en opérations de « vente de plaque » ou mieux en un appel à l’épargne public déguisé, dénoncées par Seroude comme des pratiques prédatrices.
Son bulletin fournit précisément la trame juridique nécessaire pour éviter ces dérives et orienter cette croissance vers un modèle structuré et durable.
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Conclusion : retour à la franchise originelle.
L’Afrique ne peut pas importer le modèle de la franchise sans en importer les fondements juridiques, éthiques et opérationnels.
Le Bulletin Confidentiel n°40 n’est pas une opinion subjective, mais un manuel technique de référence pour une industrie en expansion désordonnée.
Pour construire une franchise africaine résiliente, profitable et souveraine, trois actions sont non négociables : former systématiquement les acteurs de l’écosystème, traduire les principes du bulletin en droit local, et encadrer strictement les licences d’importation de concepts étrangers.
Seul un retour aux fondamentaux du franchising permettra à l’Afrique de faire émerger ses propres champions, capables de rivaliser sur la scène internationale tout en répondant aux réalités locales.
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