Come-Back Franchise : Accélérer la franchise africaine avec la diaspora | My Creo Academy
À l’heure où l’entrepreneuriat africain prend son envol, deux visionnaires, Farhat et Haddou, cofondateurs de My Creo Academy, lancent Come-Back Franchise.
C’est une initiative audacieuse quitransforme le retour des Africains de la diaspora en un levier de structuration et de croissance pour les entreprises locales.
Ce projet innovant, présenté en avant-première lors de la Dakar Franchise Expo 2025, ne se contente pas de réunir deux mondes : il crée un écosystème vertueux où savoir-faire local,capital diasporique et accompagnement stratégique s’unissent pour bâtir des champions africains de lafranchise.
Décryptage d’un modèle qui pourrait bien redéfinir l’avenir de la duplication endogène sur le continent.
Monsieur Farhat, vous êtes reconnu comme expert en duplication de concepts et accompagnement de réseaux de franchise depuis plus de 20 ans, tant en France qu’en Afrique. Quel a été le déclic qui vous a conduit à vous investir dans un projet comme Come-Back Franchise, spécifiquement centré sur le continent ?

Je parlerais moins d’un déclic que d’une compréhension, construite au fil du temps.
Depuis plus de quinze ans, je fais la navette entre la France et l’Afrique pour accompagner des projets entrepreneuriaux.
J’ai rencontré des centaines d’entrepreneurs—de la diaspora comme des écosystèmes locaux—et j’ai vu revenir, avec régularité, les mêmes blocages.
Du côté de la diaspora, cinq facteurs ressortent :
- Idéalisation du marché cible : une vision parfois déconnectée des réalités opérationnelles du terrain.
- Confusion entre l’élan du cœur et l’exigence économique : vouloir aider le pays sans cadrer un projet réellement viable et rentable.
- Transposition directe de schémas français/européens : mentalités, méthodes et standards importés sans adaptation locale.
- Méconnaissance de l’exploitation dans un écosystème différent : RH, relation aux partenaires/fournisseurs, supply chain et services ne fonctionnent pas comme en Europe.
- Sous-estimation des règles locales et des codes de management : normes (formelles et informelles), droit social/fiscal, temporalités de décision, styles de leadership et de gouvernance spécifiques.
En parallèle, beaucoup de PME locales peinent à se financer, à se structurer et à se dupliquer sur des marchés souvent restreints ; l’arrivée désordonnée d’acteurs de la diaspora peut parfois fragiliser un équilibre déjà précaire.
C’est en croisant ces deux réalités que Come-Back Franchise s’est imposé : transformer la confrontation en synergie.
Mettre l’énergie, le capital et l’expérience de la diaspora au service d’entreprises locales ancrées et porteuses de savoir-faire, pour accélérer leur structuration et leur croissance.
Au lieu de “prendre la place”, la diaspora devient levier. Au lieu d’opposer, nous reliions. C’est la philosophie qui guide tout le projet.
Monsieur Haddou, votre engagement en faveur d’un entrepreneuriat inclusif et ancré dans les territoires est bien connu. Comment votre parcours dans le conseil stratégique (via Ifeo Consulting) a-t-il nourri cette ambition de créer un pont entre la diaspora et les entrepreneurs locaux ?
Mon engagement est d’abord personnel.
Je suis moi-même issu d’un quartier populaire en France, et j’ai vu de près comment l’entrepreneuriat pouvait devenir à la fois un vecteur de croissance et un véritable ascenseur social.
Dans ces territoires, beaucoup étaient enfermés dans un modèle salarial, avec des horizons limités.
L’entrepreneuriat a ouvert une liberté d’expression, une capacité de créer sa propre trajectoire et de gravir les échelons sociaux.
En accompagnant des entrepreneurs en France, j’ai constaté que ces enjeux étaient finalement très proches de ceux que l’on retrouve en Afrique : des classes sociales peu intégrées à la dynamique économique, des talents bridés par le manque de moyens et d’opportunités.
C’est ce parallèle qui a forgé ma conviction : les mêmes leviers qui ont permis à des entrepreneurs de banlieue de s’émanciper peuvent aussi transformer des territoires africains.
Avec Ifeo Consulting et désormais My Creo Academy, aux côtés de Moktar, j’ai voulu créer un écosystème où l’entrepreneuriat n’est pas seulement un outil de business, mais un outil d’impact et d’émancipation économique.
C’est ce savoir-faire, déjà éprouvé en France, que nous voulons mettre au service du continent africain.
Tous deux cofondateurs de My Creo Academy, pouvez-vous nous raconter l’origine de votre collaboration ? Quelles valeurs communes ont posé les fondations de cette association, et pourquoi avoir choisi de lancer un projet aussi structurant que Come-Back Franchise sous son égide ?
Notre collaboration est née d’une vision commune : l’entrepreneuriat ne doit pas être un privilège réservé à quelques-uns, mais un levier de dignité, d’indépendance et de création collective.
Avec My Creo Academy, nous avons voulu bâtir un espace où les entrepreneurs, qu’ils soient en France, en Afrique ou issus de la diaspora, trouvent un accompagnement qui va au-delà du conseil classique.
Les valeurs qui nous unissent sont claires : transparence, transmission et impact.
Lancer Come-Back Franchise sous l’égide de My Creo Academy est donc naturel, car c’est la continuité de notre ADN : transformer l’énergie entrepreneuriale dispersée en une force structurée et durable.
My Creo Academy – Une plateforme d’impact pour l’entrepreneuriat africain

My Creo Academy est décrite comme une association, mais aussi comme un véritable incubateur nouvelle génération. Pouvez-vous nous en dire plus sur sa mission, ses membres, et surtout sur ses projets concrets menés jusqu’ici en Afrique ?
My Creo Academy est à la fois une association et un incubateur nouvelle génération. Sa mission est simple : détecter, former et structurer des entrepreneurs porteurs de savoir-faire, puis les accompagner dans leur duplication en réseaux solides.
Nos membres sont des entrepreneurs, des experts, mais aussi des partenaires institutionnels et privés qui croient à l’impact de la franchise comme levier de développement.
Concrètement, nous avons déjà accompagné en Afrique plusieurs enseignes locales pour les aider à formaliser leurs manuels opératoires, mettre en place des standards de gestion, et se préparer à accueillir des franchisés.
Quel type d’entrepreneurs accompagnez-vous aujourd’hui ? Comment sélectionnez-vous les entreprises locales porteuses d’un savoir-faire exploitable en franchise ? Et quel est le taux de transformation de ces entreprises en réseaux viables ?
Nous accompagnons des entrepreneurs qui ont déjà prouvé la solidité de leur concept à petite échelle : généralement entre un et cinq points de vente. Nous les sélectionnons selon trois critères :
- Un savoir-faire distinctif et reproductible,
- Une identité de marque claire et différenciante,
- Une capacité humaine à transmettre et à s’organiser.
Le taux de transformation dépend bien sûr des secteurs, mais nous observons qu’en moyenne, 60 à 70 % des entreprises accompagnées arrivent à poser les bases d’un réseau viable, dès lors qu’elles respectent les étapes de structuration.
L’Academy forme, accompagne, mais semble aussi co-construire des modèles. Est-ce que My Creo Academy devient un véritable « start-up studio de la franchise » en Afrique ? Si oui, en quoi cela change-t-il la donne pour le développement des enseignes locales ?
Oui, je revendique cette approche.
Nous ne faisons pas que conseiller, nous co-construisons.
Cela veut dire que nous mettons la main à la pâte : rédaction des manuels, structuration des DIP, construction des prévisionnels financiers, création des process de formation.
De fait, My Creo Academy agit comme un start-up studio de la franchise en Afrique.
Et cela change tout : au lieu de copier des modèles importés, nous fabriquons des standards africains, adaptés au terrain, capables de rivaliser avec les grandes marques internationales, mais avec une âme et une identité locale.
Come-Back Franchise – Un modèle innovant au croisement de deux mondes
Le constat est frappant : d’un côté, la diaspora africaine dispose de ressources et d’une forte envie de contribuer au développement du continent ; de l’autre, des entrepreneurs locaux ont un savoir-faire solide mais peinent à passer à l’échelle. Comment Come-Back Franchise transforme-t-il ce constat en solution concrète ?
Come-Back Franchise est justement né pour répondre à ce constat.
Nous créons une plateforme où la rencontre ne se limite pas à l’envie : elle s’appuie sur une méthodologie et des outils.
Concrètement, nous structurons les concepts locaux en véritables modèles de franchise, puis nous les présentons à la diaspora comme des opportunités d’investissement sécurisées et accompagnées.
La diaspora n’investit pas dans le flou, elle intègre un projet où tout est cadré : modèle économique, process, accompagnement.
Vous parlez d’un « écosystème vertueux ». En quoi ce modèle va-t-il au-delà d’une simple mise en relation ou d’un salon de franchise ? Quels sont les leviers concrets que vous mettez en place pour sécuriser l’investissement de la diaspora et assurer la pérennité des réseaux ?
Un écosystème vertueux, c’est plus qu’une rencontre ponctuelle. Nous intégrons trois leviers :
- Structuration : diagnostic, roadmap, manuels opératoires, formation.
- Accompagnement : coaching terrain, mentorat, suivi post-installation.
- Sécurisation : assistance juridique, montage financier, suivi des indicateurs de performance.
Grâce à cela, nous allons bien au-delà d’un simple salon ou d’un matchmaking. Nous garantissons que chaque projet sélectionné soit robuste et qu’il maximise ses chances de réussite.
Le processus d’accompagnement inclut la structuration du modèle économique, la rédaction de manuels opératoires, la montée en compétences des franchisés… Pouvez-vous nous décrire une trajectoire type d’une entreprise locale intégrée à Come-Back Franchise, de son intégration à son premier développement en réseau ?
Le projet Come-Back Franchise se construit en deux temps.
- Première étape : la sélection des concepts locaux.
En 2026, nous organiserons au Sénégal le concours Les Pépites de la Franchise.
Ce concours permettra de détecter une vingtaine d’enseignes locales à fort potentiel.
Ces entreprises bénéficieront d’un accompagnement structuré : audits, formations, coaching stratégique et opérationnel, structuration de leurs manuels opératoires. À l’issue de ce processus, un jury composé d’acteurs locaux et internationaux retiendra cinq enseignes capables d’être déployées en réseau.
- Deuxième étape : la sélection des franchisés de la diaspora.
En parallèle, nous mènerons en France un programme de sélection des candidats issus de la diaspora. À travers des séminaires et un processus de validation rigoureux, nous évaluerons leur motivation, leurs moyens financiers et leur capacité à s’adapter aux réalités du marché africain.
L’accompagnement consiste donc à créer un véritable double mouvement : d’un côté, des enseignes locales solides et structurées ; de l’autre, des franchisés issus de la diaspora prêts à investir et à s’implanter.
Notre rôle est ensuite de faire le “matching” entre ces deux dynamiques, afin de permettre aux entrepreneurs de la diaspora d’intégrer des réseaux viables au Sénégal et d’assurer leur croissance avec un accompagnement continu.
Comment sélectionnez-vous les membres de la diaspora intéressés par le franchisage ? Quel accompagnement leur est proposé pour s’adapter aux réalités du marché africain, notamment en termes de gestion, de logistique ou de culture d’entreprise ?
Nous sélectionnons les candidats selon leur motivation, leur solidité financière, mais surtout leur alignement avec les valeurs de l’enseigne qu’ils rejoignent. Ensuite, nous leur proposons un parcours en deux étapes :
- 3 mois de formation en France : immersion dans la franchise, gestion, P&L, culture entrepreneuriale.
- 6 mois d’intégration en Afrique : accompagnement terrain, compréhension de la logistique locale, formation interculturelle.
Cela permet à la diaspora de réussir son implantation sans tomber dans les erreurs classiques du décalage culturel ou de gestion.
Créer des champions africains de la franchise – Une ambition stratégique
Vous parlez de « champions franchiseurs » africains. Pourquoi est-il crucial, à l’heure actuelle, de structurer des enseignes locales capables de rivaliser avec les marques internationales ? Quel rôle peuvent jouer ces champions dans la souveraineté économique du continent ?
Créer des champions africains de la franchise, c’est une nécessité stratégique.
Si nous ne le faisons pas, nos marchés seront dominés par des marques internationales qui capteront la valeur, les emplois et l’identité culinaire ou commerciale.
Structurer des enseignes locales permet de garder la richesse sur le continent, de créer de l’emploi qualifié, et surtout de proposer aux consommateurs africains une offre qui leur ressemble.
C’est une question de souveraineté économique et culturelle.
Beaucoup d’enseignes africaines restent familiales ou artisanales. Quels sont les principaux freins à la franchise que vous rencontrez, et comment Come-Back Franchise les surmonte-t-il ?
Les freins principaux sont :
- Le manque de formalisation des process,
- La gestion encore intuitive et non chiffrée,
- La peur de “perdre son savoir-faire” en le partageant.
Nous les surmontons par la pédagogie, la co-construction, et des outils adaptés.
Nous montrons que transmettre n’est pas perdre, mais multiplier. Et que la rigueur dans la gestion n’enlève pas l’authenticité, elle la protège.
Pensez-vous qu’un écosystème africain de la franchise peut émerger, avec ses propres standards, son propre rythme, et pas seulement en imitant les modèles occidentaux ? Qu’est-ce qui rendrait une franchise « typiquement africaine » ?
Oui, un écosystème africain de la franchise peut et doit émerger.
Ce qui le rendra unique, c’est son ancrage dans nos réalités : une franchise africaine typique saura conjuguer modernité et proximité, rigueur de gestion et chaleur humaine, standardisation et adaptation aux spécificités locales.
Elle sera reconnaissable par son identité forte, son lien au territoire et sa capacité à s’adapter aux contextes parfois informels de nos économies.
Partenariats stratégiques et rendez-vous concret – La Dakar Franchise Expo 2025
L’annonce officielle de Come-Back Franchise se fera lors de la Dakar Franchise Expo 2025, dont My Creo Academy est partenaire. Pourquoi avoir choisi cet événement comme tremplin ? Quelle est la vision derrière ce partenariat avec l’Association Sénégalaise de Franchise, dirigée par Monsieur Sibouké Dième Georges ?
La Dakar Franchise Expo est le lieu idéal pour lancer Come-Back Franchise, car elle marque une étape historique : c’est la première grande vitrine de la franchise endogène en Afrique de l’Ouest, placée sous le haut patronage du Président du Sénégal.
En nous associant à l’Association Sénégalaise de Franchise, dirigée par Georges Sibouké Dième, nous affirmons notre volonté de construire un écosystème africain, pensé par et pour les Africains, avec des partenaires institutionnels solides.
Qu’attendez-vous de cette exposition ? Quels seront les temps forts dédiés à Come-Back Franchise ? Y aura-t-il des annonces concrètes (lancement de réseaux pilotes, appels à candidatures, signature de partenariats) ?
Nous attendons deux choses :
- Faire connaître la vision de Come-Back Franchise auprès de la diaspora et des entrepreneurs locaux.
- Ouvrir officiellement l’appel à candidatures pour les prochaines enseignes et franchisés de la diaspora.
Oui, il y aura des annonces concrètes : signature de partenariats et ouverture du calendrier d’accompagnement pour 2026.
Pour un membre de la diaspora intéressé, ou un entrepreneur local porteur d’un concept, quelle est la marche à suivre pour intégrer l’écosystème Come-Back Franchise ? Et comment peut-on participer activement à la Dakar Franchise Expo 2025 ?
La marche à suivre est simple :
- Pour la diaspora : se rapprocher de My Creo Academy via notre site ou nos réseaux, déposer sa candidature, et intégrer le parcours de formation.
- Pour les entrepreneurs locaux : candidater avec un dossier de présentation de leur enseigne, qui sera analysé selon nos critères de duplicabilité.
Pour participer activement à la Dakar Franchise Expo, il suffit de s’inscrire via l’Association Sénégalaise de Franchise et de rejoindre nos ateliers et panels dédiés.
Enfin, si vous deviez adresser un message direct à un Africain vivant à l’étranger, hésitant à investir sur le continent, qu’est-ce que vous lui diriez pour qu’il rejoigne le mouvement Come-Back Franchise ?
Je lui dirais que le moment est venu.
L’Afrique n’attend pas un retour “symbolique”, elle attend des bâtisseurs prêts à transformer leur nostalgie en projets concrets.
Investir via Come-Back Franchise, c’est sécuriser son investissement tout en ayant un impact direct sur son pays d’origine. C’est aussi retrouver un sens, une appartenance, en participant à l’émergence d’enseignes locales solides.
Et pour les entrepreneurs locaux qui doutent de pouvoir « franchiser » leur modèle : quel est votre message d’encouragement ? Quelle est la première étape à franchir pour commencer ce chemin ?
Je leur dirais que franchiser n’est pas réservé aux grandes marques internationales.
Chaque modèle, même artisanal, peut devenir une enseigne forte s’il est structuré avec méthode. La première étape est simple : accepter d’ouvrir son savoir-faire, de le formaliser et de le partager. Le reste, nous le faisons ensemble.