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Freddy Makgato (FASA) : Le franchising africain a besoin d’intention, de leadership et de financement

Freddy Makgato (FASA) : "Le franchising africain a besoin d'intention, de leadership et de financement"

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Freddy Makgato – FASA, Ceo: « Le franchising africain a besoin d’intention, de leadership et de financement » Entretien réalisé dans le cadre de l’enquête panafricaine sur le franchising en

Freddy Makgato – FASA, Ceo:
« Le franchising africain a besoin d’intention, de leadership et de financement »

Entretien réalisé dans le cadre de l’enquête panafricaine sur le franchising en Afrique — Mai 2026

Bonjour

Merci de prendre le temps de répondre à ce questionnaire panafricain sur le franchising. Vous avez choisi de le faire par messages vocaux — une approche qui témoigne de votre emploi du temps chargé. Commençons donc directement.

JEUNESSE, EMPLOI ET FRANCHISING

Quel est le lien entre le taux de chômage des jeunes et le franchising ?

Notre approche est pragmatique. Nous savons que les jeunes n’ont généralement pas les fonds nécessaires pour acheter une franchise existante ou pour créer leur propre entreprise franchisable. L’idée centrale est donc d’encourager nos membres et les autres entités à créer des opportunités d’emploi pour les jeunes au sein de l’écosystème du franchising. De cette manière, ils apprendront comment fonctionne une entreprise en franchise.

Nous ne nous attendons pas nécessairement à ce que les jeunes deviennent eux-mêmes franchisés du jour au lendemain. Notre message est plutôt de demander aux entreprises existantes d’embaucher des jeunes — même à des postes au salaire minimum ou en stage — pour qu’ils soient exposés au monde du franchising. C’est par l’immersion qu’on construit l’appétit et les compétences.

Disposez-vous de statistiques sur le chômage des jeunes ?

Non, nous n’avons pas réalisé d’étude spécifique sur la jeunesse. Notre focus était davantage sur les domaines qui affectent le franchising en tant que tel. Pour les statistiques sur le chômage des jeunes, je pense qu’on peut se référer aux données gouvernementales, à Stats SA. Mais de notre côté, nous n’avons pas de preuves directes.

Quel est le rôle des SETAs (Sector Education and Training Authorities) ?

Les SETAs ont leurs propres mandats. En tant que FASA, notre rôle est d’exposer ces apprenants et entreprises affiliées aux SETAs, qui sont financés par les SETAs, à comprendre qu’il existe un modèle d’affaires en franchise, qu’ils peuvent faire évoluer leurs entreprises. Deuxièmement, de les exposer aux programmes, événements, activités et webinaires de FASA. Notre rôle, aujourd’hui, est d’autonomiser par la connaissance.

Le franchising peut-il être un outil de lutte contre la pauvreté ?

C’est l’un des aspects les plus importants. Le franchising en soi n’est pas une échappatoire à la pauvreté, parce que c’est, si on peut le dire, un domaine luxueux — il est intensif en finance, intensif en compétences, intensif en travail acharné. Ce n’est pas de l’évasion, ce ne l’est pas et ne le sera jamais.

Nous présentons le franchising aux entreprises et aux entrepreneurs comme un outil pour faire évoluer leur activité, pas comme un outil pour s’échapper. Il faut être honnête là-dessus.

 ASSOCIATIONS, CODE ÉTHIQUE ET GOUVERNANCE

Quelles leçons tirer des associations francophones (Maroc, Sénégal, Côte d’Ivoire, Burkina Faso) sur plus de 50 ans ?

Plusieurs éléments ressortent. Premièrement, il faut une intention de la part des membres pour former une association qui promeut le franchising éthique. C’est la première étape. Il faut être intentionnel.

Deuxièmement, il faut des dirigeants d’entreprise dédiés pour faire partie de l’exécutif des associations, parce que dans la plupart des cas, les dirigeants se concentrent sur leurs propres affaires. Ils n’ont pas le temps d’aider l’association avec l’expertise, les connaissances et les outils nécessaires. Parfois, les dirigeants doivent même mettre leur propre argent dans l’association parce qu’elle n’a pas levé suffisamment de fonds pour fonctionner.

Troisièmement, il faut tisser des liens avec les banques, parce que chaque deal doit être financé. Si le franchisé n’a pas tout l’argent pour investir dans une franchise, ce deal doit être financé par du crédit, des prêts ou des subventions. C’est là aussi que des liens solides avec le gouvernement entrent en jeu.

Comment fonctionne le code éthique de FASA ?

Le code est la pierre angulaire de l’association. Même s’il est volontaire, il pousse les entreprises à devenir membres à cause des principes qui y sont énoncés. Notre système d’application est double : d’une part, par les plaintes de non-conformité, où nous enquêtons et émettons des recommandations ; d’autre part, lorsque nous identifions des lacunes, nous appelons le membre à remédier à la non-conformité. À défaut, nous pouvons soit résilier son adhésion, soit la suspendre.

FASA représente 80% du franchising africain — est-ce un risque ?

Ce n’est pas un risque, c’est une opportunité ! La majorité des pays africains n’ont pas d’associations, mais ils ont des entreprises en franchise qui opèrent sur leur territoire, ou des entreprises qui peuvent réellement évoluer. L’idée est de se benchmarker, et là où il y a des échecs, il y a une opportunité d’inviter FASA à venir aider à établir une association. Ce n’est définitivement pas un risque, mais une opportunité.

Quel est l’apport du World Franchise Council ?

C’est une contribution énorme au développement des meilleures pratiques mondiales du franchising. Nous partageons nos expériences, nos meilleures pratiques, et nous apprenons aussi des autres continents pour les pré-implémenter en Afrique du Sud. Par exemple, dans le développement de régulations qui régissent la relation entre le franchiseur et le franchisé, ou les fournisseurs, ou même les clients. C’est dans ce domaine que nous partageons et bénéficions mutuellement.

 EXPANSION DES MARQUES SUD-AFRICAINES

Quelles marques sud-africaines se sont développées en Afrique et dans le monde ?

Veuillez noter que nous ne conservons pas d’informations sur ces sujets, car elles sont généralement gérées directement avec les master franchisés dans certains pays. Même lorsque des marques arrivent en Afrique du Sud, nous ne les incubons pas. Cela nécessiterait sa propre recherche spécifique. Nous sommes donc incapables de fournir ces informations.

Il y a quelques marques que nous connaissons qui se sont développées à l’international et dans d’autres pays africains. Nous connaissons Nando’s, Chicken Licken, Shoprite, Checkers, Pick ‘n Pay et d’autres, mais nous ne conservons pas ces informations.

MARCHÉ AFRICAIN, BANQUES ET SYSTÈMES

Quel rôle FASA joue-t-elle sur le marché africain du franchising ?

FASA n’a pas joué un grand rôle dans ces activités, parce qu’à un moment donné, nous ne savions même pas s’il existait des associations de franchise. Nous avons essayé avec la Tanzanie, avec l’Ouganda, à un moment donné avec l’Égypte — et l’Égypte est le seul pays africain, je pense, qui nous représente au World Franchise Council. Nous n’avons pas encore exploré les opportunités, parce que de temps en temps, nous étions confrontés à de l’hostilité dans certaines zones, comme au Soudan, où l’un de nos coachs ou consultants voulait établir un lien. En raison de l’insécurité et de la violence, tout ce processus n’a pas pu aboutir.

Quel est le rôle des banques sud-africaines ?

Les banques sud-africaines ont été la pierre angulaire du franchising en Afrique du Sud depuis le début, et nous savons que certaines de ces banques existent aussi dans d’autres pays africains. Ce qu’il faut faire, c’est formuler un programme d’action où nous interagissons avec nos banques et l’association dans les pays étrangers pour évaluer le niveau d’engagement et, si besoin, apporter un soutien.

Quel est le lien avec la Banque Africaine de Développement ?

À un moment donné, nous avons voulu les engager. Même lors de notre conférence de février, nous avons sollicité la Banque Africaine de Développement pour soutenir et donner une conférence sur le franchising africain, mais ils n’ont même pas considéré notre demande ou notre engagement. Rien. Ils sont restés silencieux, et c’est toujours le cas aujourd’hui.

Cela dit, nous sommes d’avis qu’une collaboration et un partenariat très impliqués pourraient fonctionner pour FASA et les banques, notamment la banque de développement. À un moment donné, un livre a été commandité, écrit par l’ancien président de FASA, M. Peter Myanga, et l’ancien CEO de FASA, Nico. Ce document est disponible, peut être facilement partagé, mais avec leurs permissions, bien sûr. Je pense que ça peut bien fonctionner.

Quels systèmes de franchise existent-ils ?

Les systèmes dépendent de chaque pays, selon ce qu’ils veulent promouvoir. En Afrique du Sud, nous avons peut-être plus de 1 000 franchises, parce que nous avons des membres et des non-membres. Il y a de nouvelles entreprises qui émergent, certaines que nous ne connaissons même pas.

L’idée des campagnes de sensibilisation est de les faire adhérer, de les identifier, d’engager le dialogue avec elles, et qu’elles deviennent partie intégrante des systèmes formels. Chaque pays doit voir quels systèmes il peut mettre en place, notamment dans le micro-business. Nous avons ce qu’on appelle le micro-franchising ou le franchising de développement social. Ces domaines sont encore inexploités. Il y a un énorme potentiel dans lequel les entrepreneurs peuvent s’aventurer et faire évoluer le système. Le micro-franchising et le social franchising sont la plus grande opportunité qui existe actuellement.

RELATIONS ANGLO-FRANCOPHONE

Quel est le niveau d’engagement entre les associations anglophones et francophones ?

Cela concerne les relations anglophone-francophone et le niveau d’engagement. À ce stade, il n’existe aucune relation. Le franchising panafricain est dans les tuyaux depuis bien trop longtemps, et à un moment donné, tout l’intérêt s’est perdu parce qu’il n’y avait pas de traction.

Si nous devons relancer le programme, nous devons être intentionnels, identifier les pionniers, identifier les leaders, et travailler sur un pilote qui pourrait réellement fonctionner — pas sur un programme ambitieux qui nécessite du financement et où personne ne veut apporter de fonds. Nous devons être stratégiques. Mais nous devons d’abord engager le dialogue, poser les fondations, et découvrir comment cela va être financé et qui va mener le processus. Nous devons être honnêtes.

FÉDÉRATION PANAFRICAINE DE FRANCHISE

FASA est-elle intéressée par une Fédération Panafricaine ?

FASA est effectivement intéressée à participer à la Fédération Panafricaine. Cependant, la question du financement sera toujours un problème, car FASA est actuellement financée par ses membres et ses événements. Il faudra donc un fundraiser qui travaillera sur le financement d’un tel programme.

Quels sont les défis d’une Fédération Panafricaine ?

Si une Fédération Panafricaine de Franchise doit être établie, c’est une question stratégique très complexe, parce que nous devons examiner l’appétit, les systèmes, les coûts, l’infrastructure, les capacités. C’est faisable, mais cela nécessite des leaders pionniers pour parler de ces choses et poser les fondations.

Comment procéder concrètement ?

Le moyen le plus simple serait de réunir les présidents et CEOs de ces associations dans une réunion Teams et d’établir une équipe de travail ou une équipe spéciale pour élaborer un document de financement. Ce document parlera de la structure, du financement, du personnel, de la gestion et des communications. Je pense que c’est faisable.

VISION 2030 ET MESSAGE AUX HOMOLOGUES AFRICAINS

Quelle vision pour 2030 ?

Cette année, nous menons une enquête pour examiner ce qui s’est passé entre 2023 et 2026. Je pense que la vision 2030 sera informée par les résultats de l’enquête 2026. Quelles stratégies devons-nous mettre en place, quels objectifs devons-nous fixer. La vision 2030 sera donc dirigée par les résultats de 2026.

Quelle est l’évolution de l’appétit pour le franchising en Afrique du Sud ?

Le soutien et l’appétit pour le franchising en Afrique du Sud ont augmenté, parce qu’au fil des années depuis que j’ai rejoint FASA, nous avons mené des campagnes sur le franchising, ses bénéfices et ses avantages. Maintenant, certaines entreprises ont relevé ce défi et franchisent leurs activités. D’autres achètent des franchises. Le Département des Petites Entreprises a maintenant investi dans le secteur du franchising par le biais de protocoles d’accord (MOU) — Service Cita MOU, Growing MOU, Township Businesses MOU. Nous voyons donc cet indice de croissance.

Quel est votre appel pour le développement du franchising ?

Ma demande sera la formation d’un Fonds de Développement de la Franchise. Il y a des agences gouvernementales qui pensent qu’elles font un excellent travail, mais en ce qui nous concerne, ce n’est pas le cas. Le fonds de franchising ne parle pas seulement du financement d’un deal, il parle de développement, d’ateliers, de formation, de conférences, d’ateliers. Parce qu’il faut planter cette graine et cet appétit pour qu’elle grandisse — et ça, ça n’existe pas.

Quel message aux homologues africains ?

Ce que nous pouvons produire entre les trois associations est énorme, dans la mesure où nous avons une provision de sécurité en termes d’importation de marques. Les marques sud-africaines peuvent aller opérer au Maroc librement, de manière sécurisée avec une chaîne d’approvisionnement durable, tout comme au Sénégal, et vice versa pour les marques qui viennent en Afrique du Sud.

C’est très difficile lorsque les franchiseurs demandent si l’environnement est propice à l’exploitation d’une entreprise, mais si cette garantie vient des associations avec le ministère des Affaires étrangères, c’est très important. Je pense que nous pouvons produire des partenariats intra-pays très importants.

🎯 EN RÉSUMÉ : LES MESSAGES CLÉS

  • Jeunesse : Exposition et emploi avant l’entrepreneuriat
  • Code éthique : Volontaire mais contraignant, avec sanctions
  • Expansion : Opportunité, pas risque — benchmark et accompagnement
  • Banques : Pierres angulaires, mais engagement panafricain à construire
  • Micro-franchising : Le plus grand potentiel inexploité
  • Fédération Panafricaine : Intentionnelle, pilotée, financée — pas ambitieuse
  • Vision 2030 : Basée sur les données de l’enquête 2026
  • Fonds de développement : Nécessaire pour planter la graine du franchising

📝 NOTE DE LA RÉDACTION

Cet interview a été réalisé à partir des transcriptions des notes vocales WhatsApp de Freddy, Président de FASA, datées du 19 mai 2026, dans le cadre de l’enquête panafricaine sur le franchising en Afrique.

Article rédigé par Africa Franchise Forum Magazine — Votre référence sur l’écosystème de la franchise en Afrique.

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Freddy Makgato FASA Ceo

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