Construire un franc-parler africain unifié : le rôle de l’AFA dans la construction d’un continent connecté
Directeur général de l’Association africaine de la franchise (AFA)
Partenaire institutionnel continental de Franchise Expo Dakar 2026
L’histoire de la franchise en Afrique s’écrit aujourd’hui au pluriel : au Sénégal, au Nigéria, en Côte d’Ivoire, au Kenya, en Afrique du Sud, au Maroc et en Égypte, des entrepreneurs créent chaque jour des marques, des réseaux et des concepts reproductibles et créateurs d’emplois.
Mais pour que cette énergie se traduise par une force économique durable, elle a besoin d’une dimension continentale. C’est la raison d’être de l’Association Africaine de la Franchise (AFA).
À quelques semaines de la deuxième édition de Franchise Expo Dakar, qui se tiendra du 17 au 19 novembre 2026 au CICES sur le thème « Redéfinir la franchise en Afrique : endogène par essence, mondiale par ambition », il nous a semblé pertinent de partager, à travers cette tribune, la vision qui anime notre association et la signification de notre engagement à Dakar.
1. Une voix continentale
L’AFA n’est pas une simple structure parmi d’autres dans le paysage associatif africain : elle est la voix fédératrice du secteur à l’échelle continentale.
Notre mission est de rassembler les associations nationales de franchise, existantes et émergentes, de représenter les intérêts collectifs du secteur auprès des communautés économiques régionales, de l’Union africaine et de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), et de porter une voix africaine unifiée sur la franchise et le commerce associé dans les instances internationales.
Là où chaque pays s’exprime en son nom propre, l’AFA porte la voix du continent – un continent qui ambitionne de faire de la franchise un levier contribuant, à terme, à hauteur de 30 % à 40 % du PIB dans ses économies les plus développées.
2. Des associations nationales plus fortes
La force d’une fédération continentale repose sur celle de ses membres. C’est pourquoi l’AFA place le renforcement des associations nationales au cœur de son action. Une association nationale bien structurée constitue le premier rempart contre l’informalité : elle professionnalise les franchiseurs, protège les franchisés, dialogue avec les pouvoirs publics et assure la visibilité du marché local auprès des investisseurs.
L’Association sénégalaise de la franchise (ASF), organisatrice du Franchise Expo Dakar, en est une parfaite illustration : sans une structure nationale solide, il n’y aurait ni salon international, ni programme d’accompagnement comme l’AEMAP, ni dialogue crédible avec le ministère de tutelle.
Nos statuts reflètent cette réalité en accordant une place prépondérante aux associations nationales membres dans notre gouvernance, avec une majorité de sièges au Conseil d’administration et un droit d’opposition sur les questions relevant directement de leur souveraineté.
3. De la coopération nationale à la coordination continentale
Passer d’une juxtaposition d’initiatives nationales à une véritable coordination continentale est au cœur de notre valeur ajoutée.
Trop souvent, les mêmes défis – accès au financement, formation des franchisés, protection de la propriété intellectuelle, cadre juridique des contrats de franchise – sont abordés isolément, pays par pays, avec des résultats inégaux.
L’AFA propose l’inverse : une plateforme de mutualisation des expériences, où une solution éprouvée à Abidjan ou Nairobi peut être adaptée à Dakar ou Kigali, et où les agendas nationaux s’intègrent à un calendrier continental unifié des principaux événements de la franchise.
4. Soutenir les associations émergentes
De nombreux pays africains ne disposent pas encore d’une association nationale de franchise structurée. C’est précisément là que l’AFA entend jouer un rôle de catalyseur : déployer des ambassadeurs, organiser des missions d’accompagnement à la création d’associations, fournir un soutien méthodologique pour la rédaction des statuts et les mettre en relation avec des associations sœurs plus établies.
Nos propres statuts prévoient un statut transitoire pour les associations nationales en cours de création, afin qu’aucun pays ne soit exclu de la dynamique continentale du seul fait de l’absence de structure formalisée.
Notre ambition n’est pas de remplacer les acteurs locaux, mais de leur donner les outils, la légitimité et les réseaux nécessaires pour se développer plus rapidement et plus solidement.
5. Harmoniser les pratiques et partager les connaissances
La franchise est un modèle contractuel exigeant, fondé sur la confiance entre franchiseur et franchisé. Cette confiance se construit grâce à des règles claires et partagées.
L’AFA œuvre à l’élaboration d’un Code panafricain d’éthique de la franchise, à la promotion de cadres réglementaires harmonisés d’un pays à l’autre et à la diffusion de données sectorielles fiables – car on ne peut structurer ce qu’on ne mesure pas.
Nous organisons également des formations, des séminaires et des programmes de certification destinés à renforcer le professionnalisme des franchiseurs et des franchisés et à combler le déficit de compétences qui freine encore le développement du secteur sur le continent.
6. Construire une franchise véritablement africaine
Il ne s’agit pas simplement d’importer des franchises internationales sur le continent, mais de permettre l’émergence de marques africaines fortes, capables de se développer d’un pays à l’autre et, à terme, à l’international.
C’est précisément le sens du thème choisi par Franchise Expo Dakar 2026 : un modèle de franchise « endogène par essence, global par ambition ».
L’AFA soutient activement la transformation de concepts locaux prometteurs en marques franchisables, solides et compétitives, et aide les PME africaines à devenir des marques à fort potentiel de croissance – un travail fondamental qui redonne à l’Afrique la maîtrise de ses propres modèles économiques.
7. Le rôle de l’AFA dans la création de ponts entre les marchés
Notre continent reste trop souvent fragmenté par des frontières réglementaires, monétaires et linguistiques.
S’appuyant sur ses trois langues de travail – le français, l’anglais et le portugais –, l’AFA tisse des liens entre les écosystèmes de la franchise francophone, anglophone et lusophone, encore trop cloisonnés.
Nous facilitons le commerce transfrontalier de la franchise dans le cadre de la ZLECAf, nous mettons en relation les réseaux souhaitant s’étendre à l’échelle régionale avec des partenaires fiables sur de nouveaux marchés et nous œuvrons pour faciliter l’accès au financement auprès des banques de développement et des fonds d’investissement panafricains.
Grâce à ce travail de mise en réseau, chaque marché ouvert par une association nationale devient une opportunité pour l’ensemble du continent.
8. Le lien avec le salon Franchise Expo Dakar 2026
Il est tout naturel que l’AFA rejoigne Franchise Expo Dakar 2026 en tant que partenaire institutionnel continental.
Cet événement, organisé par l’ASF et le groupe Général Média & Communication sous l’égide du Ministère de l’Industrie et du Commerce, avec l’ADEPME comme co-organisateur, incarne parfaitement la philosophie que nous défendons : un fort ancrage national – le programme AEMAP, piloté par l’ADEPME, structurant l’offre locale – associé à une ouverture continentale et internationale affirmée, avec les Caraïbes comme région invitée cette année.
Nous serons à Dakar pour porter la voix des associations nationales du continent, soutenir notre vice-président (George Sibouke Dieme), contribuer aux panels et masterclasses du salon et, surtout, organiser, à l’occasion de cette édition, la toute première cérémonie des African Franchise and Associated Commerce Awards (AFCAA) – une distinction que nous souhaitons voir devenir, année après année, la référence continentale d’excellence dans notre secteur.
9. La vision pour les années à venir
Dans les années à venir, l’AFA ambitionne de voir émerger une association nationale de franchise structurée dans la majorité des pays africains, un code de déontologie panafricain véritablement appliqué, un calendrier continental d’événements de franchise parfaitement coordonné et une circulation des capitaux, des concepts et des talents qui s’affranchit des frontières nationales.
Nous souhaitons qu’un franchiseur sénégalais considère naturellement le Ghana, le Kenya, le Niger ou le Rwanda comme des marchés accessibles, et qu’un investisseur international trouve, où qu’il se trouve sur le continent, un partenaire institutionnel structuré et crédible, intégré à un réseau panafricain.
C’est cet avenir que nous construisons, étape par étape, avec nos associations membres – et c’est cet avenir que nous aurons le plaisir de partager du 17 au 19 novembre à Dakar.
Un secteur de la franchise africain fort ne se décrète pas : il se construit, marché après marché, association après association, partenariat après partenariat. C’est le travail que l’AFA poursuit avec conviction pour l’avenir économique de l’Afrique.
Funmilola Adedeji-Bajulaiye
Directeur général — Association africaine de la franchise (AFA)
Africa Franchise Forum Magazine
© Éditions Prescicom SARL, Abidjan, Côte d’Ivoire