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Le chaînon manquant de la franchise africaine : l’urgence d’un fonds de garantie continental

Fonds de garantie franchise Afrique : pourquoi ça n'existe pas encore ?

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Édition Spéciale — Institutions Bancaires & Financières Fonds de garantie franchise Afrique : pourquoi ça n’existe pas encore ? Problématique • Solutions • Perspectives La franchise représente aujourd’hui l’un des

Édition Spéciale — Institutions Bancaires & Financières

Fonds de garantie franchise Afrique : pourquoi ça n’existe pas encore ?

Problématique • Solutions • Perspectives

La franchise représente aujourd’hui l’un des leviers les plus solides pour formaliser le commerce en Afrique. Cependant, un obstacle structurel persiste : l’absence totale d’un fonds de garantie continental dédié à ce modèle. Cet article examine les causes profondes de ce vide, les solutions mobilisables et les perspectives concrètes pour y remédier.

Un continent en pleine dynamique commerciale, mais sans filet financier

L’Afrique compte aujourd’hui plus de 800 réseaux de franchise actifs selon les estimations sectorielles. Ces réseaux opèrent dans la restauration, la distribution, les services et l’éducation. Pourtant, la grande majorité des franchisés africains rencontre des difficultés d’accès au crédit. En outre, les banques considèrent souvent la franchise comme un secteur à risque élevé, faute d’outils d’évaluation adaptés.

En conséquence, de nombreux projets de franchise n’aboutissent pas. Non pas par manque de compétences des porteurs de projet, mais par manque de financement structuré. Ainsi, le potentiel économique de la franchise reste largement sous-exploité à l’échelle du continent.

Première problématique : une méconnaissance institutionnelle profonde

La première cause de ce vide tient à la méconnaissance du modèle franchise au sein des institutions financières africaines. La plupart des banques commerciales ne distinguent pas encore le franchisé du commerçant indépendant classique. Par conséquent, elles appliquent les mêmes critères d’évaluation du risque à deux réalités très différentes.

Or, un franchisé bénéficie d’un réseau éprouvé, d’une marque connue et d’un accompagnement opérationnel. Ces éléments réduisent objectivement le risque d’échec. Cependant, les grilles d’analyse bancaire standard ne valorisent pas encore ces atouts spécifiques.

 » Financer un franchisé, c’est financer un entrepreneur encadré. Le risque n’est pas le même qu’un projet ex nihilo. « 

Deuxième problématique : l’absence de données sectorielles consolidées

Un fonds de garantie se construit sur des données fiables. Il requiert notamment des statistiques de défaut de paiement, des taux de survie des entreprises et des indicateurs de performance par secteur. Or, en Afrique, ces données sur la franchise sont fragmentées, dispersées ou inexistantes.

De plus, les associations de franchise nationales ne disposent pas encore des moyens pour produire des études longitudinales robustes. En l’absence de ces données, les institutions financières ne peuvent pas calibrer un fonds de garantie avec précision. Ainsi, le cercle vicieux se perpétue : sans fonds, peu de franchisés financés ; sans franchisés financés, peu de données disponibles.

Troisième problématique : la fragmentation des marchés africains

L’Afrique reste un continent de 54 marchés distincts avec des réglementations, des devises et des systèmes bancaires différents. Par conséquent, construire un mécanisme de garantie continental exige une coordination politique d’une grande complexité. En outre, les zones d’intégration régionale — CEDEAO, CEMAC, COMESA — n’ont pas encore harmonisé leurs cadres juridiques pour la franchise.

Cependant, la ZLECAf (Zone de Libre-Échange Continentale Africaine) offre désormais un cadre prometteur. Elle crée en effet les conditions d’une convergence réglementaire progressive. C’est donc dans ce contexte que la question d’un fonds de garantie dédié reprend toute son urgence.

Quatrième problématique : un déficit de portage institutionnel

Enfin, aucune institution de référence n’a encore endossé le portage politique d’un tel fonds. La Banque Africaine de Développement (BAD), Afreximbank ou la Société Financière Internationale (SFI) disposent pourtant des capacités techniques et financières pour y contribuer. Cependant, la franchise reste absente de leurs priorités sectorielles affichées.

De même, les gouvernements africains n’ont pas encore intégré la franchise dans leurs politiques de développement des PME. En conséquence, les financements disponibles pour le commerce associé restent dispersés et non fléchés vers ce modèle spécifique.

Les solutions : ce que banques et institutions peuvent activer dès aujourd’hui

La situation n’est pas irréversible. Plusieurs leviers concrets existent et peuvent être activés rapidement. D’abord, il convient d’agir sur trois niveaux complémentaires :

  1. 1Le niveau micro : former les chargés de clientèle des banques commerciales à l’analyse spécifique des dossiers franchise.
  2. 2Le niveau méso : créer des lignes de crédit dédiées au sein des institutions de financement du développement (DFI) existantes.
  3. 3Le niveau macro : impulser un fonds de garantie panafricain via un portage politique et institutionnel structuré.

Solution 1 : Adapter les outils bancaires existants

Plusieurs banques africaines disposent déjà de produits destinés aux PME. Il suffit d’y intégrer une composante franchise. Ainsi, un chargé de crédit formé peut valoriser le contrat de franchise comme une garantie implicite de sérieux et de viabilité. De plus, il peut considérer la notoriété du franchiseur comme un actif incorporel réducteur de risque.

Des banques comme Ecobank, Attijariwafa ou la Banque Atlantique ont la capacité d’initier ces adaptations dès maintenant. En outre, elles peuvent s’appuyer sur les associations nationales de franchise pour construire des référentiels sectoriels partagés.

Solution 2 : Mobiliser les fonds de garantie existants

Plusieurs pays africains disposent déjà de fonds nationaux de garantie pour les PME. Cependant, ces fonds n’ont pas encore de fenêtre dédiée à la franchise. Par conséquent, un travail de plaidoyer auprès des gouvernements peut aboutir rapidement à une extension de leur périmètre.

À titre d’exemple :

  • Au Sénégal : Le FONGIP (Fonds de Garantie des Investissements Prioritaires) est un instrument financier de l’État qui facilite l’accès au crédit des TPME/PME. Il intervient principalement en garantissant les prêts bancaires et en refinançant les institutions de microfinance.
  • En Côte d’Ivoire : La SGPME (Société de Garantie des Crédits aux PME), créée en avril 2022, est une société anonyme au capital de 10 milliards de FCFA entièrement détenue par l’État. Elle a pour mission de faciliter l’accès au financement bancaire et aux marchés publics pour les PME.

Ces structures peuvent servir de modèles à adapter. Ainsi, sans créer de nouvelles structures, il est possible d’élargir l’accès au financement garanti pour les franchisés africains.

Solution 3 : Créer un fonds de garantie panafricain dédié

C’est la solution la plus ambitieuse, mais également la plus structurante. Un fonds de garantie continental dédié à la franchise mobiliserait plusieurs types de contributeurs :

  • Les institutions multilatérales de développement (BAD, Afreximbank, SFI).
  • Les banques centrales des zones d’intégration économique régionale.
  • Les franchiseurs internationaux présents en Afrique, en tant qu’abondeurs minoritaires.
  • Les gouvernements nationaux, via leurs lignes budgétaires de développement des PME.
  • Les fonds souverains africains engagés dans la diversification économique.

En outre, ce fonds nécessite une gouvernance indépendante, des critères d’éligibilité transparents et un mécanisme de notation des réseaux de franchise. Il constitue ainsi un outil de crédibilisation de l’ensemble de l’écosystème.

Solution 4 : Construire un observatoire des données de la franchise africaine

Enfin, un fonds de garantie ne peut fonctionner sans données solides. Par conséquent, la création d’un observatoire continental des données de la franchise s’impose comme préalable. Cet observatoire peut être adossé à une structure panafricaine de franchise représentant l’ensemble des acteurs de l’écosystème de la franchise en Afrique.

Il collecterait notamment des données sur les taux de réussite des franchisés, les volumes de financement accordés, les secteurs les plus dynamiques et les profils des franchisés bancables. Ainsi, il fournirait aux institutions financières les bases analytiques nécessaires pour calibrer leur exposition au risque.

Perspectives : les signaux positifs qui encouragent l’optimisme

Plusieurs évolutions récentes constituent des signaux positifs pour l’émergence d’un fonds de garantie dédié. D’abord, la ZLECAf crée un espace de convergence réglementaire inédit. Ensuite, l’entrepreneuriat franchisé connaît une croissance soutenue dans de nombreux pays africains, notamment en Côte d’Ivoire, au Maroc, en Afrique du Sud et au Kenya.

De plus, les grandes banques panafricaines affichent désormais une ambition claire sur le financement des PME. Elles constituent ainsi des interlocuteurs naturels pour construire des produits franchise. En outre, des événements comme l’AFCAA (Africa Franchise & Commerce Associé Awards) contribuent à structurer et à valoriser l’écosystème, créant une visibilité favorable à l’engagement des financeurs.

Un modèle à construire collectivement

La création d’un fonds de garantie dédié à la franchise africaine ne relève pas d’un seul acteur. Elle suppose une alliance stratégique entre institutions financières, associations professionnelles, gouvernements et organisations panafricaines. Chacun doit jouer son rôle dans cette architecture collective.

Cependant, cette alliance exige d’abord une volonté politique et institutionnelle affirmée. Elle exige ensuite des mécanismes de gouvernance clairs et partagés. Elle requiert enfin une capacité à mobiliser des ressources à la hauteur de l’enjeu. Ces trois conditions sont aujourd’hui réunissables. Il ne manque que l’impulsion décisive.

Conclusion : l’heure n’est plus au constat, mais à l’action

L’Afrique dispose des ressources humaines, économiques et institutionnelles pour se doter d’un fonds de garantie dédié à la franchise. Le vide actuel est la conséquence d’un déficit de coordination et de volonté, non d’un déficit de capacité. En outre, chaque année qui passe sans solution structurée représente des centaines de projets non financés et des milliers d’emplois non créés.

Par conséquent, Africa Franchise Forum Magazine lance un appel clair aux acteurs du financement africain : intégrez la franchise dans vos stratégies, formez vos équipes, engagez le dialogue avec les associations sectorielles. Ainsi, ensemble, construisons enfin l’architecture financière que mérite le commerce associé africain.

Vous êtes une institution financière, un bailleur de fonds ou un acteur du développement économique en Afrique ?

Rejoignez la conversation. La création d’un fonds de garantie dédié à la franchise africaine commence par un dialogue.

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Article rédigé par Bernard ZOBO Directeur des Rédactions d’Africa Franchise Forum Magazine

afranchiseforum-mag.com

© Éditions Prescicom SARL, Abidjan, Côte d’Ivoire

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Bernard ZOBOconsultant en franchise

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