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Sénégal: Autour de Mary – Accélérer l’entrepreneuriat africain avec la diaspora | Teranga Meet & Franchise

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Autour de Mary – Accélérer l’entrepreneuriat africain avec la diaspora | Teranga Meet & Franchise Dans un continent en pleine mutation économique, où innovation, entrepreneuriat et retour des talents redessinent

Autour de Mary – Accélérer l’entrepreneuriat africain avec la diaspora | Teranga Meet & Franchise

Dans un continent en pleine mutation économique, où innovation, entrepreneuriat et retour des talents redessinent les dynamiques du marché, l’Afrique de l’Ouest s’impose comme un terrain fertile pour la franchise et le commerce organisé.

Au coeur de cette transformation, des femmes et des hommes bâtissent des ponts entre diaspora et talents locaux, entre ambitions internationales et réalités du terrain.

C’est le cas de Mary, fondatrice d’Autour de Mary, une initiative bien plus qu’un incubateur : un véritable mouvement d’accompagnement entrepreneurial qui prépare les champions africains de demain.
À l’approche de la Dakar Franchise Expo 2025, dont elle est partenaire stratégique, Mary livre dans cet entretien inspirant le récit de son parcours, sa vision afro-optimiste et sa méthode unique pour transformer des idées en modèles économiques solides, voire franchisables.

Une interview qui parle d’audace, de réalisme et d’impact — pour tous ceux qui cherchent à investir, créer ou franchiser en Afrique avec les pieds sur terre… et le coeur en avant.

Parcours personnel et engagement – L’origine d’un pont entre deux mondes.

Vous êtes née en France, fille d’un père cap-verdien et d’une mère sénégalaise.

À 21 ans, vous décidez de quitter la France pour vous installer au Sénégal.

Quel a été le déclic de ce retour ? Et comment vos racines ont-elles influencé votre vision entrepreneuriale ?

Le retour au Sénégal a été pour moi une évidence. Depuis mes années étudiantes, j’avais préparé cette étape : j’ai effectué tous mes stages à Dakar, ce qui m’a permis de me familiariser avec l’écosystème local, mais aussi de confirmer que je m’y sentais bien.

En réalité, ce n’était pas un saut dans l’inconnu. J’avais eu la chance de passer une année au Sénégal étant très jeune, et mes parents nous ramenaient presque chaque été à Dakar. Quand on grandit avec ce lien constant, ce retour prend davantage la forme d’un prolongement naturel que d’une rupture.

À 21 ans, j’ai donc simplement suivi cette intuition : revenir vers mes racines et construire quelque chose là où je me sentais à ma place.

Mes racines ont fortement façonné ma vision entrepreneuriale. J’ai grandi en observant ma mère, qui en plus de son emploi en France, faisait du commerce entre Paris et Dakar.

Elle incarnait cette agilité entre deux mondes : la capacité à identifier des besoins d’un côté, et à y répondre avec des ressources de l’autre.

Cette logique de pont, je l’ai intégrée très tôt.

Elle m’a montré que l’entrepreneuriat ne se résumait pas à créer une entreprise, mais aussi à créer du lien, à circuler entre les cultures et les marchés.

C’est ce qui m’anime encore aujourd’hui avec Autour de Mary : être ce trait d’union entre la diaspora, ses talents, et les opportunités sur le continent africain.

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Dans votre dossier de presse, vous dites : « On ne revient pas en Afrique par hasard ».

Pour beaucoup de membres de la diaspora, ce retour est pourtant entouré de doutes, d’incertitudes administratives, culturelles, économiques.

Quels ont été vos propres écueils au début ?

Avez-vous eu des moments où vous avez douté de votre choix ?

À 21 ans, j’ai eu la chance d’arriver préparée : j’avais déjà fait mes stages à Dakar et trouvé rapidement un poste en CDI dans le tourisme d’affaires, dans la continuité de mes études. Mais la vraie difficulté a été de passer du statut d’étudiante en France à celui de professionnelle au Sénégal, avec des codes et des façons de travailler très différents.

Quand je me suis lancée dans l’entrepreneuriat, le choc a été encore plus grand : il fallait apprendre à naviguer dans les réalités du terrain, trouver des stratégies pour être rentable et évoluer dans un environnement souvent très masculin. Ce n’était pas toujours simple, mais je n’ai jamais douté de mon choix. J’ai préféré rester ouverte, apprendre vite et transformer chaque obstacle en expérience.

Vous avez lancé une entreprise de nettoyage à Dakar, puis évolué vers le tourisme d’affaires et l’événementiel. Pouvez-vous nous raconter une anecdote marquante – un échec, une victoire, ou une leçon terrain – qui a profondément changé votre regard sur l’entrepreneuriat en Afrique de l’Ouest ?

Mon premier vrai défi entrepreneurial a été la reprise d’une entreprise de nettoyage à Dakar. J’étais pleine d’idées, persuadée que j’allais tout transformer, mais la réalité du terrain m’a vite rappelée à l’ordre. Je me suis retrouvée à gérer une équipe de jeunes hommes dans un secteur très masculin, avec des habitudes bien différentes de celles que j’avais connues en France : retards, paiements en liquide non tracés, manque de rigueur dans le service client…

Ces difficultés m’ont obligée à m’adapter, à mettre en place des process clairs, à instaurer la facturation, à valoriser les équipes et à apprendre à composer avec les mentalités locales. Çette expérience m’a appris que l’entrepreneuriat en Afrique, au-delà du business, c’est avant tout une aventure humaine, où l’essentiel est de comprendre les réalités du terrain et d’embarquer les hommes et les femmes avec soi.

En tant que femme entrepreneure, membre de la diaspora et mère peut-être aussi, comment parvenez-vous à concilier vie familiale, vie professionnelle et engagement dans un projet aussi exigeant qu’Autour de Mary ?

Quel message souhaitez-vous transmettre aux femmes africaines et de la diaspora qui hésitent à franchir le pas ?

Je crois profondément que c’est la mission qui m’a choisie. Revenir au Sénégal, créer Autour de Mary et accompagner des femmes et des hommes dans leur projet, c’est devenu bien plus qu’un travail : c’est une vocation. Mais je ne vais pas le cacher : concilier vie familiale, vie professionnelle et un engagement aussi exigeant demande des choix quotidiens, beaucoup d’organisation et une capacité constante d’adaptation.

Ce qui m’aide, c’est d’avoir une vision claire et des objectifs précis pour mon incubateur. Quand on sait pourquoi on se lève chaque matin, on trouve l’énergie et les solutions pour équilibrer ses différents rôles. J’ai appris à accepter que tout ne soit pas parfait, à déléguer quand il le faut, et à transformer les contraintes en leviers.

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Aux femmes africaines et aux femmes de la diaspora qui hésitent encore, je veux adresser un message fort : n’attendez pas d’avoir tout sous contrôle pour vous lancer. La perfection n’existe pas, et l’équilibre se construit en avançant. En Afrique comme ailleurs, l’entrepreneuriat est une aventure exigeante, mais il peut aussi être un formidable espace d’émancipation et d’impact.

Mon parcours est la preuve qu’on peut être à la fois femme, mère, membre de la diaspora et entrepreneure, sans renoncer à l’un ou l’autre de ses rôles. Ce que j’ai compris, c’est que l’on ne choisit pas seulement de créer une entreprise : on choisit de créer sa place et d’ouvrir la voie à d’autres femmes.

Autour de Mary – Une méthodologie innovante pour bâtir des champions africains

Vous avez fondé Autour de Mary en 2021, non pas comme un incubateur classique, mais comme un « mouvement ».

Quelle est la différence selon vous ? En quoi votre modèle dépasse-t-il les approches traditionnelles d’accompagnement entrepreneurial ?

Quand j’ai lancé Autour de Mary, je ne voulais pas créer un incubateur qui se limite à transmettre des outils. Mon ambition était de bâtir un mouvement capable de générer de l’impact à long terme. Nous travaillons avec les porteurs de projet non seulement pour qu’ils construisent une entreprise rentable, mais aussi pour qu’ils créent de la valeur dans leur communauté, qu’ils participent à transformer leur écosystème et qu’ils deviennent eux-mêmes des relais d’inspiration.

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Notre rôle est d’être de véritables guides, artisans et tisserands de l’accompagnement. Nous aidons à tracer des projets de vie, pas seulement des business plans. Nous ne vendons pas du rêve : nous aidons à structurer des réalités concrètes. C’est cette approche immersive, collective et stratégique, enracinée dans la synergie entre diasporas et talents locaux, qui fait notre singularité. Et c’est de cette synergie que naîtront les champions africains de demain, capables d’avoir un impact économique mais aussi social et culturel.

 

Votre méthode repose sur l’immersion, la transmission et le réalisme terrain.

Pouvez-vous nous décrire concrètement le parcours d’un incubé ?

De l’idée à la mise en œuvre, quelles étapes clés traverse-t-il ?

Et comment intégrez-vous la réalité du secteur informel, souvent ignorée dans les business plans « à la française » ?

Le parcours d’un incubé chez Autour de Mary commence par un diagnostic complet : nous analysons son idée, ses motivations et ses ressources pour vérifier la solidité du projet. Vient ensuite la structuration, où nous travaillons sur son offre, son modèle économique et sa stratégie de marché. Mais l’étape la plus décisive reste le terrain : grâce à nos business trips, les incubés partent en immersion au Sénégal, rencontrent des entrepreneurs, des coachs sectoriels, des experts locaux et même leurs premiers clients potentiels. C’est à ce moment qu’ils confrontent leur projet à la réalité et l’adaptent.

Un autre aspect clé est l’intégration du secteur informel, qui constitue une part importante de l’économie en Afrique de l’Ouest. Plutôt que de l’ignorer, nous l’expliquons, nous l’analysons et nous aidons les incubés à développer des stratégies qui prennent en compte cette dimension incontournable. Au final, chaque incubé repart avec un projet à la fois viable, réaliste et profondément ancré dans son environnement.

Vous avez accompagné plus de 150 entrepreneurs, mené 5 immersions au Sénégal, et créé des centaines de connexions business.

Quel projet parmi ceux que vous avez accompagnés vous a le plus marquée ?

Un exemple de franchiseur émergent, peut-être, qui illustre bien ce que vous appelez les « champions africains de demain » ?

Parmi les projets que nous avons accompagnés, celui de Fatoumata Sylla est un bel exemple du type de champion africain que nous voulons faire émerger. Fatoumata ne s’est pas contentée d’imaginer un outil digital pour les hôtels africains : elle a posé les bases d’un nouveau standard de gestion hôtelière, pensé localement mais avec une ambition continentale.

Avec notre programme African Bridge, elle a structuré son projet, validé son modèle économique et développé un MVP en partenariat avec l’entreprise tech Volkeno. Résultat : son premier pilote a été lancé à l’Azalaï Hôtel Dakar, et les discussions sont déjà en cours pour un déploiement dans d’autres établissements.

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Ce qui est intéressant, c’est que son innovation n’est pas seulement un produit, mais un concept duplicable : une solution clé-en-main qui peut être déployée d’hôtel en hôtel, dans toute l’Afrique de l’Ouest. En d’autres termes, un projet avec un potentiel de franchise technologique et opérationnelle. Chaque hôtel qui adopte la solution bénéficie d’un cadre, de process standardisés et d’un accompagnement pour optimiser sa relation client.

Aujourd’hui, Fatoumata cherche à lever 230 000 € pour industrialiser son produit et accélérer ce déploiement. Mais au fond, son projet illustre une chose : l’Afrique a besoin de créer non seulement des entreprises, mais aussi des modèles réplicables capables de s’imposer comme références dans leur secteur. Et c’est exactement ce qu’Autour de Mary encourage à travers ses incubés : transformer des idées en concepts duplicables, parfois même franchisables, qui construisent les standards africains de demain.

Vous insistez sur la synergie entre diaspora et talents locaux. Dans la construction de franchises solides, comment cette complémentarité peut-elle être un levier de croissance ? Et comment évitez-vous les pièges du « parachute entrepreneur » qui arrive avec des idées déconnectées du terrain ?

La diaspora et les talents locaux ne s’opposent pas : ils se complètent. La diaspora apporte souvent une vision stratégique, une capacité d’investissement et des standards internationaux, tandis que les talents locaux apportent la connaissance fine du marché, des mentalités et des dynamiques du terrain. Dans la construction de franchises, cette complémentarité est un levier puissant : elle permet d’avoir des modèles qui sont à la fois ambitieux et réalistes, innovants mais ancrés dans les réalités africaines.

Le danger, c’est le « parachute entrepreneur » : celui qui arrive avec une idée conçue en Europe, sans avoir pris le temps de comprendre le terrain. C’est exactement ce que nous évitons chez Autour de Mary. Nous plaçons l’immersion au cœur du parcours : chaque incubé part en business trip, rencontre des acteurs locaux, observe le secteur informel et teste ses hypothèses avant de se lancer.

Une franchise africaine solide n’est jamais parachutée : elle naît de la rencontre entre la vision de la diaspora et l’expertise des talents locaux.

C’est cette méthode qui transforme une bonne idée en un projet viable, et un projet en un concept franchisable. Parce qu’une franchise ne peut pas être une copie-collée importée : elle doit être une construction hybride, qui allie le meilleur des standards internationaux et la richesse des savoir-faire locaux. C’est ainsi que nous faisons émerger des champions capables de croître durablement sur le continent.

Teranga Meet – Un sas de passage pour les investisseurs de la diaspora

En mai 2025, vous avez lancé Teranga Meet, un événement à Paris qui a réuni 130 participants, 11 experts venus du Sénégal, et généré plus de 50 collaborations en une seule journée.

Quelle était l’idée derrière ce format ? Pourquoi une journée suffit-elle parfois à transformer un rêve en projet concret ?

L’idée derrière Teranga Meet était simple : offrir à la diaspora un condensé de terrain en une seule journée. Beaucoup rêvent de revenir entreprendre, mais peinent à savoir par où commencer. En réunissant à Paris des experts venus directement du Sénégal entrepreneurs, institutionnels, coachs, nous avons recréé une mini-immersion. Les participants ont pu poser toutes leurs questions, obtenir des réponses concrètes et surtout identifier des partenaires fiables.

Une journée peut suffire à déclencher un projet parce que, parfois, il ne manque qu’un déclic : une information clé, une rencontre stratégique ou la certitude de ne plus être seul. En sortant de Teranga Meet, plusieurs participants avaient déjà une feuille de route, des contacts qualifiés et la conviction que leur rêve pouvait devenir un projet viable.

Beaucoup de diasporas rêvent de revenir, mais manquent d’informations fiables, de réseaux, ou de repères. Teranga Meet semble combler ce manque. Comment sélectionnez-vous les experts et partenaires qui interviennent ? Et comment garantissez-vous que les conseils donnés soient à la fois inspirants… et réalistes ?

Notre critère numéro un, c’est la légitimité terrain. Les experts et partenaires de notre réseau que nous invitons ne sont pas uniquement des « grands discours » : ce sont des entrepreneurs qui ont déjà créé, échoué parfois, rebondi, et qui connaissent intimement les réalités sénégalaises. Nous sélectionnons aussi des acteurs institutionnels et techniques capables d’apporter des informations fiables sur l’administration, la fiscalité, ou l’accès au financement.

L’autre clé, c’est l’équilibre entre inspiration et réalisme. Nous voulons que chaque intervention donne envie, mais sans masquer les obstacles. Par exemple, un expert va expliquer comment il a lancé son entreprise, mais aussi partager les difficultés rencontrées avec l’informel, le financement ou la gestion des équipes. C’est cette transparence qui fait la force de Teranga Meet : les participants repartent motivés, mais avec une vision lucide.

Parmi les participants, combien ont effectivement lancé un projet au Sénégal ou en Afrique de l’Ouest après Teranga Meet ? Avez-vous des retours concrets, des chiffres ou des témoignages que vous pourriez partager sur des projets de franchise ou d’entreprises durables ?

Notre ambition avec Teranga Meet n’est pas que les participants signent un contrat le soir même, mais qu’ils repartent avec des réponses claires et un cap défini. C’est exactement ce qui s’est passé : beaucoup sont venus avec des doutes et sont repartis confortés dans leur idée ou, au contraire, mieux outillés pour l’affiner. À l’issue de cette première édition, quinze participants ont choisi de poursuivre l’aventure en intégrant nos programmes de formation et d’accompagnement.

L’événement joue aussi un rôle de vitrine pour nos incubés, qui disposent de stands pour présenter leurs solutions directement aux décideurs et investisseurs présents. Je pense notamment à Nebbam, une entrepreneure qui valorise le beurre de vache en l’intégrant dans une gamme de produits capillaires. Sa participation à Teranga Meet lui a permis de gagner en visibilité et de signer ses premiers partenariats de distribution.

C’est toute la force du format : en une journée, nous créons un espace d’échanges qui permet à la diaspora de se projeter, de trouver ses repères, et parfois même de poser les premières pierres d’un projet entrepreneurial ou d’une future franchise en Afrique.

Partenariats stratégiques – L’alliance avec la Dakar Franchise Expo 2025 et l’Association Sénégalaise de Franchise

Vous êtes partenaire de la Dakar Franchise Expo 2025, en collaboration avec l’Association Sénégalaise de Franchise dirigée par Monsieur Sibouké Dième Georges. Qu’est-ce qui vous a convaincue de s’associer à cet événement ? En quoi ce partenariat renforce-t-il votre mission ?

Dakar Franchise Expo est une plateforme unique qui place la franchise au cœur de la transformation économique du Sénégal et de l’Afrique de l’Ouest. Pour Autour de Mary, s’associer à cet événement était une évidence. Notre mission est de créer des ponts entre la diaspora et les opportunités locales. Or, la franchise est précisément un levier qui permet à la fois de sécuriser les porteurs de projets et de structurer des modèles économiques durables.

Ce partenariat renforce notre mission car il nous donne l’occasion de mettre en avant nos incubés et nos talents, de montrer qu’il existe un vivier d’entrepreneurs capables de développer des franchises africaines solides, et de connecter ces initiatives avec des investisseurs et des franchiseurs internationaux.

Quelle synergie voyez-vous entre Autour de Mary et l’Association Sénégalaise de Franchise ? Comment comptez-vous, ensemble, accompagner la création de franchises locales solides, mais aussi attirer des franchiseurs de la diaspora prêts à s’installer avec un modèle adapté au marché sénégalais ?

La synergie entre Autour de Mary et l’Association Sénégalaise de Franchise est évidente. L’Association, dirigée par Monsieur Sibouké Dième Georges, apporte non seulement son expertise institutionnelle et réglementaire, mais aussi ses retours terrain, grâce à sa proximité directe avec les réseaux de franchise déjà implantés et les réalités locales. De notre côté, Autour de Mary apporte le terrain, l’accompagnement et la connexion avec la diaspora.

Ensemble, nous voulons bâtir un écosystème solide, où les franchises locales peuvent se structurer et se développer, tout en ouvrant la voie à des franchiseurs de la diaspora désireux de s’installer avec un modèle réellement adapté au marché sénégalais.

Concrètement, cela passe par trois grands axes :

  • Former et accompagner les entrepreneurs locaux pour transformer leurs concepts en franchises solides et duplicables.
  • Faciliter l’installation des franchiseurs de la diaspora en leur offrant une immersion, un réseau fiable et des conseils stratégiques adaptés aux réalités du terrain.
  • Créer des passerelles entre diaspora et acteurs locaux pour générer des partenariats hybrides, qui combinent innovation, standards internationaux et savoir-faire africain.

C’est en travaillant main dans la main, avec cette complémentarité unique, que nous pourrons faire émerger des franchises africaines fortes, durables et compétitives à l’échelle régionale et internationale.

La franchise est un levier puissant de création d’emplois, de structuration des PME et d’innovation. Selon vous, quels secteurs au Sénégal et en Afrique de l’Ouest sont aujourd’hui mûrs pour l’expansion en franchise ? Et quels sont les pièges à éviter pour un porteur de projet de la diaspora ?

Aujourd’hui, plusieurs secteurs sont particulièrement mûrs pour la franchise en Afrique de l’Ouest. Je pense à :

  • La restauration et la food tech, portée par la croissance de la classe moyenne et l’évolution des modes de consommation.
  • Le retail alimentaire et non-alimentaire, car les consommateurs recherchent des standards de qualité et de service.
  • La beauté et le bien-être, avec une forte demande pour des produits et services adaptés aux besoins locaux.
  • L’éducation et la formation professionnelle, dans un contexte où la jeunesse représente plus de 60 % de la population.
  • Les services à la personne et au foyer (crèches, loisirs, entretien), qui répondent à des besoins de plus en plus pressants dans les grandes villes.

Il existe néanmoins des pièges récurrents pour les porteurs de projets de la diaspora. Le premier, c’est de vouloir transposer un concept « copié-collé » d’Europe sans prendre le temps de l’adapter aux réalités locales. Le second, c’est de sous-estimer le poids du secteur informel et des habitudes de consommation, qui influencent profondément la manière dont les clients achètent et consomment en Afrique. Enfin, beaucoup pensent que leur notoriété ou leur expérience en Europe suffiront à garantir leur succès, alors que sur le terrain, ce qui fait vraiment la différence, c’est la proximité avec le client, la rigueur dans l’exécution et la capacité à construire une relation de confiance durable.

La franchise en Afrique n’est pas qu’un transfert de modèle, c’est une construction hybride, où la rigueur du standard international rencontre la créativité et la résilience locales. C’est à cette condition qu’elle devient un levier durable de croissance et de création d’emplois.

Vision d’avenir – L’Afrique que vous voulez bâtir

Vous parlez souvent d’« afro-optimisme ». Est-ce une posture ou une stratégie ? Comment cultiver cet optimisme face aux défis réels – bureaucratie, financement, infrastructure – sans tomber dans la naïveté ?

Pour moi, l’afro-optimisme n’est pas seulement une posture, c’est une véritable stratégie. J’ai conscience des défis réels : une bureaucratie parfois lourde, des infrastructures qui ne sont pas toujours à la hauteur, ou encore le poids du secteur informel. J’y ai été confrontée dès mon installation au Sénégal. Mais j’ai choisi de ne pas les subir : je les considère comme des réalités avec lesquelles il faut composer, innover et trouver des solutions adaptées.

Être afro-optimiste, ce n’est pas être naïve. Au contraire, c’est être lucide sur les difficultés, mais convaincue que notre continent regorge de talents, d’opportunités et de ressources inexploitées. La clé, c’est d’avoir une vision claire, une stratégie solide et la capacité de s’adapter. Cet état d’esprit me permet de transformer chaque obstacle en apprentissage, et c’est exactement ce que je transmets aux femmes et aux hommes que nous accompagnons.

Quel est votre rêve pour Autour de Mary dans les 5 prochaines années ? Envisagez-vous d’étendre le modèle à d’autres pays africains ? Et comment imaginez-vous le rôle de la diaspora dans la transformation économique du continent d’ici 2030 ?

Mon rêve, c’est qu’Autour de Mary devienne la référence panafricaine de l’accompagnement des talents de la diaspora et des entrepreneurs locaux. D’ici cinq ans, nous voulons non seulement consolider notre ancrage au Sénégal, mais aussi déployer le modèle dans d’autres pays d’Afrique de l’Ouest comme la Côte d’Ivoire, le Bénin ou le Togo. Car les besoins de structuration et d’accompagnement sont immenses sur tout le continent.

La diaspora a un rôle déterminant à jouer. Elle n’est pas là pour « sauver » l’Afrique, mais pour coopérer, investir, transmettre son expertise et co-construire avec les talents locaux. D’ici 2030, je rêve de voir naître une nouvelle génération de champions africains des franchises, des PME et des entreprises innovantes portées à la fois par des entrepreneurs ancrés sur le terrain et par des repats qui apportent des standards et des réseaux internationaux. C’est cette alliance qui peut transformer durablement nos économies.

Enfin, un mot pour les lecteurs d’Africa Franchise Forum Magazine : à ceux qui hésitent, à ceux qui rêvent, à ceux qui cherchent un point d’entrée… Pourquoi devraient-ils venir à la Dakar Franchise Expo 2025 ? Et comment Autour de Mary peut-il être leur tremplin ?

Je leur dirais simplement : ne restez pas spectateurs, venez-vous connecter. La Dakar Franchise Expo 2025 n’est pas seulement un salon, c’est une porte d’entrée vers un marché africain en pleine mutation, avec des secteurs comme la restauration, l’agroalimentaire, l’éducation, la santé ou encore le digital qui sont prêts à accueillir des modèles de franchise solides.

C’est aussi une opportunité unique de rencontrer des experts de l’Association Sénégalaise de Franchise, des entrepreneurs locaux, des investisseurs et des acteurs de la diaspora. Avec Autour de Mary, nous serons là pour jouer notre rôle de tremplin : vous mettre en relation avec les bonnes personnes, vous aider à tester vos idées, et vous donner les clés pour bâtir un projet adapté au terrain.

En 2026, Dakar accueillera les Jeux Olympiques de la Jeunesse, un événement qui va accélérer l’attractivité de la destination. C’est le moment ou jamais de vous projeter et de venir découvrir ce que l’Afrique a à offrir. Si vous rêvez de créer, d’investir ou de franchiser en Afrique, la Dakar Franchise Expo est le rendez-vous à ne pas manquer.

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