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Jacki Mpondo-Hendricks (FFiA) : Repositionner la franchise comme outil stratégique d’autonomisation des femmes en Afrique.

Jacki Mpondo-Hendricks · CSE & Fondatrice, FFiA

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  Africa Franchise Forum Magazine La référence de la franchise et du commerce associé en Afrique Édition Spéciale · Genre & Franchise en Afrique · Avril 2026 · Perspective Institutionnelle

 

Édition Spéciale · Genre & Franchise en Afrique · Avril 2026 · Perspective Institutionnelle N° 1

Repositionner la franchise en tant qu’outil stratégique pour le développement économique et l’autonomisation des femmes en Afrique.

Première femme noire à présider la Chambre de Commerce de Johannesburg en plus de 130 ans, cofondatrice de la Fondation de la Franchise en Afrique (FFiA), Jacki Mpondo-Hendricks porte une vision panafricaine : faire de la franchise non pas un privilège, mais une plateforme d’inclusion.

Le secteur de la franchise en Afrique est à un tournant crucial. Au centre de cette évolution, la Fondation de la Franchise en Afrique (FFiA) défend une vision ambitieuse : faire de la franchise un levier puissant d’inclusion économique pour les femmes et les jeunes à travers le continent. Jacki Mpondo-Hendricks — première femme noire à présider la Chambre de Commerce de Johannesburg en plus de 130 ans — porte cette vision avec une conviction ancrée dans l’urgence sociale.

Jacki Mpondo-Hendricks (FFiA) expose sa vision pour faire de la franchise le principal moteur d'inclusion économique en Afrique.
Jacki Mpondo-Hendricks (FFiA) expose sa vision pour faire de la franchise le principal moteur d’inclusion économique en Afrique.

Profil · Mme Jacki Mpondo-Hendricks

Poste actuel
CSE & Fondatrice · Business Pledge Collaborators & FFiA (Fondation de la Franchise en Afrique)
Ancienne fonction
Présidente · Chambre de Commerce et d’Industrie de Johannesburg (JCCI) — première femme noire en 130 ans
Organisation
Business Pledge Collaborators — conseil en partenariats public-privé, entièrement détenu et dirigé par des femmes noires
Partenaire technique
GroeGlobal / Groe Technology — systèmes de franchise basés sur l’IA
Objectif 2030
20 marques franchisées en Afrique · 8-10 % de contribution franchise au PIB continental

FFiA — Chiffres clés et jalons

Taux d’échec des PME africaines (5 ans)
70 à 80 %
Contribution franchise au PIB sud-africain (2019)
14 %
Part des marques sud-africaines présentes en Afrique
38 %
Objectif FFiA : marques franchisées en Afrique d’ici 2030
20
Objectif PIB continental franchise 2030
8 à 10 %
Repas distribués durant la crise COVID (programme JCCI)
+85 000

Pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs et décrire le parcours de votre engagement en faveur de l’entrepreneuriat africain ?

J’ai été introduite à l’entrepreneuriat dès mon plus jeune âge dans le supermarché familial de Kimberley, au Cap-Nord. Une petite entreprise à fort impact, qui permettait de répondre aux besoins de ma famille et de l’éduquer.

Mes années de formation dans le secteur privé, en tant que cadre supérieur dans les domaines de la franchise (énergie/carburants, vente au détail et télécommunications), du marketing et de la publicité, du divertissement, des affaires publiques et de la RSE, m’ont permis d’appréhender la valeur et les leviers de transformation que détiennent les entreprises pour instaurer un écosystème inclusif pour les PME.

J’ai néanmoins observé une situation préoccupante concernant les PME sur le marché : une stagnation de la croissance où les échecs surpassent les réussites et où la croissance demeure un concept plutôt qu’une réalité tangible.

La franchise représente une solution éprouvée pour encourager un état d’esprit de croissance ancré en Afrique et destiné aux Africains, tout en constituant un tremplin pour les femmes et les jeunes.

« La franchise propose une solution éprouvée et testée pour favoriser un état d’esprit de croissance ancré en Afrique pour les Africains — tout en constituant un tremplin essentiel pour les femmes et les jeunes entrepreneurs. »

Jacki Mpondo-Hendricks · Fondatrice, FFiA

Quel élément déclencheur vous a amené à cofonder la Fondation de la Franchise en Afrique ? Y avait-il un besoin véritable à satisfaire dans l’écosystème ?

Quatre réalités m’ont déterminée :

  • Le taux d’échec des PME est excessif — 70 % à 80 % en cinq ans — et requiert des mesures correctives intentionnelles et réfléchies.
  • L’absence de marques franchisées africaines à l’échelle locale, continentale et mondiale doit inciter un changement de mentalité dans le domaine de la franchise, évoluant d’acheteurs de marques vers des créateurs de marques durables.
  • Il est impératif de réévaluer le modèle de franchise pour qu’il s’intègre dans la planification stratégique des entreprises concernant la croissance, le développement, la durabilité et la résilience.
  • L’accès à l’entrepreneuriat doit être simplifié pour les femmes et les jeunes, y compris les personnes âgées/retraitées et les personnes en situation de handicap.

En quoi l’approche de FFiA se distingue-t-elle fondamentalement de la FASA? Le système de franchise était déjà en place en Afrique du Sud avant la FFiA. En quoi votre approche se distingue-t-elle fondamentalement des structures existantes, notamment de la FASA ?

FFiA n’est pas une association professionnelle et ne repose pas sur le principe de l’adhésion. Nous sommes une organisation dédiée à la mise en œuvre et au développement.

Nous collaborons directement avec les franchiseurs, les entrepreneurs et les partenaires pour concevoir, structurer et déployer des réseaux de franchise en Afrique, en leur fournissant une expertise tangible plutôt qu’un simple rôle de représentation.

Une autre distinction significative réside dans l’accessibilité. FFiA ne prélève pas de frais d’adhésion, car notre objectif est de collaborer avec l’ensemble des acteurs de l’écosystème et de supprimer les obstacles à la participation.

Notre priorité se concentre sur l’inclusion et le développement économique, en particulier en établissant des voies d’accès aux opportunités de franchise pour les femmes, les jeunes et les personnes en situation de handicap.

Déconstruire le mythe : la franchise n’est pas réservée aux investisseurs aisés.

La franchise est souvent considérée comme un modèle destiné aux investisseurs ayant des capitaux significatifs. Comment FFiA envisage-t-elle de déconstruire ce mythe pour les femmes et les jeunes Africains ?

À la Fondation de la Franchise en Afrique, nous travaillons assidûment à modifier cette perception.

Nous privilégions en premier lieu les modèles de microfranchise, élaborés spécifiquement pour faciliter l’accès au marché. Ce sont des systèmes d’affaires simplifiés et éprouvés qui requièrent un capital initial considérablement réduit, les rendant ainsi idéaux pour les jeunes entrepreneurs, les femmes et les individus n’ayant généralement pas accès à des financements substantiels.

Deuxièmement, nous approfondissons le concept de franchise sociale. Ce modèle a pour objectif d’élargir les activités d’entreprises confrontées à des défis sociaux tout en générant des moyens de subsistance durables. En reproduisant des entreprises communautaires à travers des structures de franchise, nous pouvons multiplier les opportunités dans des secteurs tels que les services, la santé, l’éducation et le commerce de détail.

Le troisième élément fondamental est l’accessibilité financière. Par le biais de partenariats avec des institutions de développement, des organismes financiers et le secteur privé, nous aspirons à élaborer des mécanismes de financement innovants — incluant des financements mixtes, des modèles de franchise à accès facilité et des solutions de financement structurées — qui permettent aux entrepreneurs émergents de s’engager.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 93,7 % des franchisés britanniques non seulement survivent, mais deviennent rentables dès leurs trois premières années d’activité. Ce taux de réussite peut-il être transposé au contexte africain ? Quelles adaptations seraient nécessaires ?

Les statistiques britanniques démontrent de manière éclatante ce qu’un écosystème de franchise bien organisé peut réaliser. Les principes fondamentaux qui sous-tendent ce succès sont entièrement transposables : modèle économique éprouvé, formation structurée, soutien opérationnel, notoriété de marque — des éléments qui atténuent considérablement les risques.

Toutefois, afin que la franchise génère des résultats comparables à travers l’Afrique, trois adaptations essentielles sont requises : l’ajustement des modèles commerciaux aux conditions du marché local, l’amélioration de l’accessibilité par le biais de micro-franchises, et le renforcement du soutien de l’écosystème — accès au financement, formation sur la franchise, transparence réglementaire et mentorat pour les nouveaux franchisés.

La technologie IA au service des franchisés dans les villes secondaires africaines.

FFiA collabore avec Groe Technology pour concevoir des systèmes de franchise fondés sur l’intelligence artificielle.

Concrètement, comment ces outils technologiques bénéficieront-ils à un franchisé dans une ville secondaire d’Afrique ?

Pour un franchisé établi dans une ville africaine de taille modeste, cela implique un accès simplifié aux décisions basées sur les données, sans nécessiter une formation commerciale approfondie.

La technologie permet d’anticiper les tendances, de détecter rapidement les problèmes opérationnels et d’orienter les franchisés en matière de tarification, de gestion des stocks et de réponse à la demande des clients.

Chez FFiA, notre principe fondamental est clair : l’intelligence artificielle doit habiliter les entrepreneurs à agir, plutôt que de les remplacer. Concrètement, les systèmes que nous concevons visent à soutenir la prise de décision humaine plutôt qu’à automatiser les tâches et à éliminer des emplois.

La technologie se concentre sur des domaines tels que la gestion opérationnelle, la prévision et l’analyse des performances — des outils qui assistent les franchisés dans la gestion de leur entreprise de manière plus efficace.

FFiA vise à internationaliser les marques africaines. Comment y parvenir, alors que seulement 38 % des marques sud-africaines sont présentes sur le reste du continent ?

L’une de nos priorités chez FFiA est d’assister les marques africaines dans leur expansion au-delà de leurs marchés nationaux afin qu’elles deviennent de véritables entreprises continentales et mondiales.

Nous y parvenons en soutenant les marques par le biais d’une stratégie d’internationalisation bien définie, en les aidant à se préparer au développement en franchise, à optimiser leurs systèmes et à s’étendre sur divers marchés africains.

Un excellent exemple : nous avons déjà facilité l’entrée d’une marque américaine sur le marché sud-africain, et le produit sera prochainement disponible dans les magasins Walmart, illustrant ainsi le type d’opportunités transfrontalières que la franchise peut offrir.

Notre objectif est, à terme, de garantir que davantage de marques africaines connaissent un succès mondial en matière de franchise, plutôt que de se limiter à un seul marché national.

Jacki Mpondo-Hendricks (FFiA) expose sa vision pour faire de la franchise le principal moteur d'inclusion économique en Afrique.
Jacki Mpondo-Hendricks (FFiA) expose sa vision pour faire de la franchise le principal moteur d’inclusion économique en Afrique.

« Notre ambition est de favoriser le développement d’une vingtaine de marques en franchise à travers l’Afrique d’ici 2030, et nous avançons de manière constante vers cet objectif. »

Jacki Mpondo-Hendricks · Fondatrice, FFiA

Note éditoriale

Jacki Mpondo-Hendricks incarne un entrepreneuriat africain de conviction : celui qui refuse de dissocier performance économique et impact social. Sa vision pour la franchise africaine en 2030 est systémique éducation, microfranchise, financement mixte, IA, internationalisation des marques continentales.

Et sa conviction est ferme : la franchise n’est pas un modèle pour les riches, mais une plateforme pour ceux qui veulent bâtir, durablement, depuis l’Afrique.

lire aussi: https://afranchiseforum-mag.com/mme-dina-dimitrila-franchise-dans-un-marche-difficile-lecons-apprises-de-legypte-pour-les-entrepreneuses-africaines-sur-la-resilience-la-reglementation-et-les-ambitions-regionales/

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